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Dépravation et morale : l’indignation sélective de la HAC

Ce n’est pas la décence que la Haute Autorité de la Communication (HAC) défend, mais l’ordre établi par West TV qui l’irrite. Car si la Haute Autorité avait réellement le souci des mœurs, elle commencerait par s’attaquer à « Golo Guémè » — une injure obscène en soussou — hurlée à tue-tête sur les ondes publiques, applaudie, sponsorisée, et diffusée en boucle par la télévision nationale.

Quand le chef d’un État autoproclamé gratifie les insultologues professionnels avec villas, véhicules et nominations, la vulgarité n’est plus un écart de langage : elle devient une politique culturelle. Si la HAC veut prouver sa vertu, qu’elle commence par éteindre le haut-parleur de la RTG, vitrine officielle de l’abjection.

Dans ce pays sous putsch, les obscénités ne viennent pas des marges mais du sommet. Le chef rebelle, que vous servez avec tant de zèle, a décoré de responsabilités publiques des narcotrafiquants notoires, offert ses salons dorés aux influenceurs les plus pernicieux, et transformé la capitale en théâtre de désordre mental et moral.

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À la présidence, les Forces Spéciales ne gardent plus la République, elles gardent des chambres. Les palais sont devenus des motels d’État où s’échangent drogues, fantasmes et passe-droits. Même les îles — jadis lieux de repos — accueillent désormais des soirées où la République danse nue sous le regard complice du commanditaire suprême.

Alors, de grâce, que la HAC cesse de jouer les gardiennes de la pudeur quand elle sert un régime qui fait de la déchéance une doctrine et de l’indignité une stratégie. Il est des silences qui crient plus fort que mille chansons, et des complicités qui puent plus que n’importe quel clip.

Avec Siba Béavogui

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