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Retrait des Permis Miniers en Guinée : Un Exercice Improvisé, Opaque et Orné de Corruption

Le retrait massif et précipité des permis miniers en Guinée, orchestré par un régime de transition dépourvu de toute légitimité démocratique, ouvre la voie à une triple crise : juridique, économique et politique. Ce qui se joue aujourd’hui n’est pas qu’un simple différend administratif — c’est une bombe à retardement susceptible d’éclabousser durablement l’image et la stabilité du pays.

1. Une Opacité Préjudiciable aux Investisseurs

Mené dans le flou le plus total, sans cadre légal rigoureux, sans publication des critères ni droit à un recours équitable, ce processus de retrait des permis mine la confiance des investisseurs. L’insécurité juridique devient la règle, l’arbitraire, la méthode, et la suspicion de corruption, la toile de fond. Dans un secteur aussi stratégique que celui des mines, cela équivaut à se tirer une balle dans le pied économique.

2. Des Risques Pénaux pour les Nouveaux Acquéreurs

Les nouveaux acquéreurs devraient y réfléchir à deux fois. Car en droit, profiter d’un acte illégal peut être assimilé à de la complicité. L’exemple de l’affaire Bernis, condamné à 5 ans de prison pour corruption, illustre les dangers bien réels de s’engager sur un terrain miné. Ceux qui achètent des actifs issus d’un processus frauduleux s’exposent à des poursuites pénales — en Guinée comme à l’étranger.

3. Des Répercussions sur les Marchés Internationaux

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Ces permis contestés sont désormais toxiques pour les marchés financiers. Aucun gestionnaire d’actifs responsable ne cautionnera un bon du Trésor ou une levée de fonds adossée à des titres juridiquement instables. La conséquence est immédiate : retrait des investisseurs, assèchement des capitaux, effondrement de la confiance. La Guinée, plutôt que de s’ouvrir au monde, s’isole davantage.

4. Une Illégalité Constitutionnelle et Internationale

Un régime putschiste n’a aucune autorité légale pour annuler un décret ou un arrêté pris par un gouvernement légitimement élu. Le droit international est clair : la continuité de l’État repose sur la légitimité démocratique et la stabilité institutionnelle. Toute tentative contraire est nulle et non avenue, et expose l’État guinéen à des litiges coûteux devant les juridictions internationales.

5. Que doivent faire les victimes ?

Face à cette spoliation illégitime, les victimes — qu’elles soient guinéennes ou étrangères — disposent d’outils pour se défendre. Elles doivent saisir les tribunaux de commerce internationaux, en particulier :
• Le CIRDI (Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements),
• Les tribunaux d’arbitrage de la CNUDCI,
• Ou encore les juridictions nationales compétentes, notamment en France, en Suisse ou aux États-Unis, si des liens économiques y sont établis.

En conclusion, le retrait désordonné des permis miniers n’est pas une démonstration de souveraineté : c’est un aveu de faiblesse institutionnelle, de gouvernance clanique, et de mépris de l’État de droit. C’est le pays, ses citoyens et ses générations futures qui en paieront le prix fort — à moins que la justice, nationale et internationale, ne vienne redonner sens au droit dans ce chaos organisé.

Siba Béa

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