La prise de pouvoir par effraction de Mamadi Doumbouya n’a pas été une délivrance mais une malédiction. Depuis plus de trois ans, la Guinée s’est enfoncée dans un gouffre d’incertitudes et de tragédies, au point que certains n’hésitent plus à voir en lui un porte-malheur national.
Le règne de Doumbouya se lit comme une chronique du malheur : disparitions forcées, répression de la liberté d’expression, discriminations, assassinats impunis, corruption endémique. L’insécurité s’installe comme une norme, la justice s’est transformée en une mascarade, et l’économie agonise. La Guinée n’est plus un pays qui rêve, mais un peuple qui pleure.
Alors, le coup d’État du 5 septembre 2021 a-t-il été une bénédiction ou une malédiction pour la Guinée ?
Chaque semaine, Conakry et l’intérieur du pays sont secoués par des drames à répétition, dans une indifférence glaçante des autorités. Les citoyens se sentent abandonnés, livrés au chaos, pendant que Doumbouya s’érige en faux sauveur, incapable de tracer un horizon d’espérance.
Autre réalité plus implacable encore : le coût de la vie explose chaque jour. Les marchés sont devenus des cimetières du pouvoir d’achat, les hôpitaux des mouroirs. Les femmes meurent en couches, faute de soins de base. La santé publique est à l’agonie, et personne ne semble s’en émouvoir.

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Dans le même temps, la gabegie financière prospère, élevée au rang de vertu d’État. La Guinée de Doumbouya est devenue un refuge pour les médiocres et un cimetière pour les talents. Les insulteurs publics, les chômeurs importés d’Europe et les vlogueurs sans expérience se voient confier des responsabilités nationales, pendant que la vraie jeunesse est sacrifiée et que l’éducation s’effondre.
Les mines, véritables poumons économiques du pays, sont pillées sans aucune considération pour leur valeur stratégique. Quant au fameux projet Simandou 2040, il n’est qu’une vitrine mensongère, une arnaque habillée de rêves, destinée à enrichir une poignée de cartels.
La jeunesse guinéenne, privée de repères, est manipulée, déracinée, désorientée. À ce rythme, l’avenir de la nation se dissout dans l’ombre d’un régime qui se nourrit de chaos.
Mamadi Doumbouya n’incarne pas la solution : il est l’incarnation du problème.
La Guinée ne retrouvera la lumière qu’en se libérant de cette ombre.
Par Azözöye Bangoura, l’œil d’un journaliste