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Contre Expertise – Simandou 2040 ou l’art de promettre 30 ans d’avenir quand on ne tient pas 3 mois de salaires

Comment un régime incapable de payer régulièrement ses fonctionnaires peut-il prétendre former, dans 30 ans, “les meilleurs ingénieurs et juristes de la sous-région” ? Voilà le cœur du scandale du programme “Simandou 2040”, dernière opération de diversion imaginée par Amara Camara pour masquer l’échec total de la gouvernance du CNRD.

À Boké, le ministre-secrétaire général de la Présidence a tenté de vendre aux étudiants une vision futuriste : une Guinée leader de la sous-région, formant les élites africaines, tirant sa renaissance du projet minier Simandou. Sauf qu’un détail tue l’illusion : ce même régime n’est même pas capable de garantir la paie mensuelle des enseignants, des médecins, ou des administrateurs locaux.

1. Une montagne de dette pour un désert de résultats

Depuis le coup d’État du 5 septembre 2021, le CNRD a contracté ou entériné plus de 4,5 milliards de dollars de dettes :

Contrats miniers opaques

• Emprunts chinois sans appel d’offres

• Crédits concessionnels sous-évalués

• Avances à remboursement différé

Projection jusqu’en 2030 (au même rythme d’endettement) : plus de 13 à 15 milliards USD de dettes cumulées. Une ardoise que les générations futures devront éponger… pour des infrastructures encore inexistantes.

En trois ans, ils ont hypothéqué l’avenir du pays. Imaginez ce qu’ils feront en 30 ans.

2. Simandou 2040 : un projet sans crédibilité

Amara Camara annonce que l’État guinéen détient 15 % “non contributifs, non dilutifs” du projet. Mais il oublie de dire que :

Cette participation gratuite est fictive : aucun audit indépendant n’a validé sa viabilité.

• Les infrastructures (port, rail, aciérie) ne sont pas encore construites.

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• Les négociations se font sans transparence, avec des partenaires chinois, singapouriens ou angolais dont les modalités réelles sont inconnues.

Le soi-disant programme “Simandou Academy” est un mirage : aucun plan concret de financement, de calendrier, ou de recrutement d’élèves n’a été publié. Tout repose sur une communication de façade.

3. Amara Camara : Ministre de la Propagande déguisé en stratège

Depuis son retour médiatisé, Amara Camara s’est imposé comme le visage propre d’un régime sale. Mais derrière ses envolées lyriques, les casseroles s’accumulent :

Signatures d’accords stratégiques sans études techniques préalables

• Mensonges sur les soi-disant “progrès” miniers et sociaux

• Silence complice sur la gestion mafieuse des fonds de souveraineté

• Manipulation des étudiants et de l’opinion à des fins de propagande

Son patron, Mamadi Doumbouya, quant à lui, alterne déclarations creuses et dérives autoritaires, sans jamais expliquer aux Guinéens comment seront payées les dettes contractées. Ils vendent du rêve sur 2040 pendant que la misère de 2025 s’aggrave.

Conclusion : la Guinée ne se développe pas avec des slogans.

On ne construit pas l’avenir d’un pays avec des mots, mais avec des actes. Un régime qui ne sait pas gérer le présent ne peut pas prétendre façonner le futur. Les Guinéens n’ont pas besoin de promesses à 30 ans. Ils ont besoin de salaires aujourd’hui, d’écoles aujourd’hui, d’hôpitaux aujourd’hui.

Le programme “Simandou 2040” n’est pas un projet de développement. C’est une opération de diversion.

Et ceux qui le promeuvent, Amara en tête, sont des prestidigitateurs politiques déguisés en planificateurs de rêve.

Siba Beavogui
Journaliste d’investigation – Analyste politique

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