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Conakry : histoire d’une presqu’île, de ses premiers habitants à la naissance d’une capitale

Une presqu’île anciennement habitée par les Baga

Bien avant que Conakry ne devienne une métropole de plusieurs millions d’habitants, la presqu’île de Kaloum était le territoire des Baga, un peuple autochtone occupant les zones littorales de la Guinée maritime depuis des siècles.

Les Baga y développaient une économie tournée vers :

  • la pêche, pilier de leur mode de vie,
  • la riziculture dans les mangroves,
  • la cueillette et l’exploitation des ressources de la forêt côtière.

Leur présence est attestée bien avant le XVe siècle, période correspondant aux premiers contacts entre les populations riveraines et les navigateurs européens. Les Baga sont donc considérés comme les habitants originels de la presqu’île de Kaloum.

L’arrivée progressive des Soussous

À partir du XVIIIᵉ siècle, les Soussous quittent certaines zones du Fouta-Djalon, notamment à la suite de conflits internes et de l’expansion de l’État théocratique peul.

Ils migrent vers la Guinée maritime, où ils s’installent durablement.

Sur la presqu’île de Kaloum, les Soussous fondent ou occupent plusieurs villages côtiers comme :

  • Boulbinet,
  • Teminetaye,
  • Kalous,
  • Fotoba (île de Room),
  • Tombo, qui deviendra le cœur administratif futur de Conakry.

Ces villages constituent les premières structures sociales et économiques de ce qui deviendra plus tard une grande capitale.

L’origine du nom “Conakry”

Plusieurs interprétations existent, mais la plus crédible selon les historiens guinéens repose sur une étymologie en deux éléments :

  • “Kôna”, nom d’un clan ou d’un lignage soussou établi dans la zone,
  • “akry” ou “kiri”, signifiant “île”, “lieu” ou “habitat”.

Le mot Conakry se traduirait donc par “l’île (ou le lieu) des Kôna”.

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Ce nom aurait été adopté par les communautés locales puis transmis aux administrateurs coloniaux français, qui l’ont fixé sous la forme actuelle.

Conakry sous la colonisation française

L’histoire moderne de Conakry commence véritablement en 1887, lorsque la France décide d’y établir un poste militaire stratégique. La position géographique de la presqu’île, facilement accessible par mer et défendable, en faisait un point idéal pour l’expansion coloniale.

En 1891, Conakry est officiellement désignée capitale de la Guinée française, remplaçant Boffa, jusque-là centre administratif. Ce choix marque un tournant décisif :

  • construction du port autonome,
  • aménagement d’une voie ferrée reliant Conakry à Kankan (1899–1914),
  • développement administratif et urbain de la ville de Tombo vers Kaloum.

Conakry devient alors un centre politique, économique et commercial majeur de l’Afrique de l’Ouest.

La ville après l’indépendance

À l’indépendance, le 2 octobre 1958, Conakry conserve son statut de capitale.

Sous Sékou Touré, de nouveaux quartiers apparaissent (Dixinn, Ratoma, Matam, Matoto), transformant la petite presqu’île en une vaste agglomération.

Aujourd’hui, Conakry s’étend d’est en ouest, allant de Kaloum jusqu’à Coyah, et abrite plus de 2 millions d’habitants.

Une capitale avec des racines profondes

L’histoire de Conakry est celle :

  • d’une terre Baga,
  • remodelée par l’arrivée des Soussous,
  • transformée par la colonisation,
  • et devenue capitale d’un État moderne.

Une ville dont l’identité reste fortement empreinte de la mémoire de ses premiers habitants et de leurs héritages culturels.

Par Azözöye Bangoura 

 

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