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L’élection du parjure et des criminels

Si le légionnaire Doumbouya est candidat, pourquoi pas son homologue Toumba Diakité ?

Puisqu’on a décidé d’ouvrir la foire des putschistes et d’ériger le parjure en vertu républicaine, allons donc jusqu’au bout du ridicule.

Si Mamadi Doumbouya, légionnaire de profession et parrain d’un régime maculé de sang, peut prétendre à la magistrature suprême, alors pourquoi pas Aboubacar Toumba Diakité, son aîné dans l’art du coup d’État ?

Pourquoi pas lui, qui, au moins, a eu le courage d’assumer sa part d’ombre et de dire ses vérités au grand jour ?

Dans ce carnaval politique, le crime devient un badge d’honneur, le serment trahi se transforme en passeport électoral, et la mémoire des martyrs se retrouve enterrée sous les affiches d’une candidature illégitime.

À ce rythme, il ne manquera plus qu’un concours national du putsch le plus rentable, où chaque ancien mutin viendra présenter son CV ensanglanté et ses promesses de stabilité.

Mais la Guinée n’a pas besoin de nouveaux parrains armés. Elle a besoin de justice, de mémoire et d’un peuple qui dise enfin non à la banalisation du crime d’État.

Si Toumba et Doumbouya sont mis sur la même ligne de départ, alors l’histoire, elle, devra trancher : entre le soldat qui a tiré et celui qui a fait tirer, lequel mérite vraiment le titre de “sauveur” ?

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On ne peut pas acclamer la candidature d’un homme qui a pris le pouvoir par les armes, fait tirer sur des citoyens, brûlé des vies, puis se draper dans un discours de moralité nationale et ensuite feindre la surprise quand un autre soldat, tout aussi trempé dans le sang, réclame son tour.

C’est simple : la candidature de Doumbouya a ouvert la boîte de Pandore de la légitimité du crime.

Quand un putschiste devient “candidat légitime”, alors tous les crimes deviennent des actes politiques. Le sang versé devient un tremplin électoral. L’État devient un cimetière maquillé en République. Et c’est là le plus grand danger : la banalisation du meurtre politique sous le prétexte de la stabilité.

On ne peut pas normaliser la barbarie d’un légionnaire et condamner la brutalité d’un capitaine.

Entre Doumbouya et Toumba, la différence n’est pas morale elle est seulement circonstancielle.
L’un a eu le vent de l’opportunité, l’autre la tempête de l’instant. Mais les deux ont planté leurs bottes dans le sang du peuple.

La candidature de Doumbouya n’est pas un simple épisode électoral : c’est une légitimation du crime d’État. C’est dire au pays que tuer, trahir et violer la Constitution peuvent mener au palais présidentiel. C’est effacer les morts d’hier pour mieux préparer ceux de demain.

Et lorsque la République ferme les yeux sur le parjure, elle s’enterre avec ses valeurs. Ceux qui acclament aujourd’hui le bourreau n’auront plus de voix demain pour pleurer leurs propres chaînes.

L’histoire n’oublie jamais : elle enregistre, elle attend, et elle finit toujours par juger.

Par Siba Béavogui 

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