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La photo de la honte : Zakaria Coulibaly, l’ancien pétrolier devenu griot constitutionnel de Doumbouya

Il fut le patron de l’hydrocarbure sous Alpha Condé, symbole d’un secteur miné par la corruption et les détournements. Aujourd’hui, on le retrouve micro en main, brandissant un projet de Constitution pour glorifier Mamadi Doumbouya.

La scène, capturée en pleine campagne, cristallise le recyclage des élites et le déshonneur d’une République en otage.

Hier, Zakaria Coulibaly incarnait la pompe à essence du pouvoir condéiste, transformant chaque litre de carburant en dividende pour un clan vorace. Aujourd’hui, il s’improvise colporteur constitutionnel, distribuant des slogans à la gloire d’un putschiste. Son visage, luisant sous la casquette d’un autre régime, semble exhaler l’odeur d’une essence frelatée : celle des trahisons successives.

Ce cliché a fait l’effet d’un électrochoc. Dans un pays qui a tant souffert de la valse des clans et des pillards, voir un ancien ministre compromis dans les hydrocarbures se reconvertir en griot de la junte militaire est une gifle pour la mémoire collective.
« Ce qui n’a pas raté Condé ne ratera pas Doumbouya », glisse un observateur acerbe, rappelant que les mêmes causes produisent toujours les mêmes chutes.
• « Ils ne changent pas de convictions, ils changent seulement de maîtres », résume un universitaire désabusé par ce recyclage honteux.
• « Quand un pétrolier se fait griot constitutionnel, c’est la preuve que la politique guinéenne carbure toujours à la même essence : celle du cynisme », ironise un militant pro-démocratie.

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Ces réactions traduisent le sentiment profond d’un peuple qui voit défiler, sous des habits différents, les mêmes figures compromises.

La photo restera dans les annales, non comme un simple instant politique, mais comme un symbole : celui d’un homme qui, après avoir siphonné le carburant national, tente aujourd’hui de huiler la machine constitutionnelle d’un pouvoir putschiste. La honte et le déshonneur n’effaceront pas cette image. Elle incarne la continuité d’un système où les élites caméléons, prostituées à chaque nouveau régime, se disputent sans vergogne une place au banquet du pouvoir.

Par Siba Beavogui 

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