Un complot déjoué dans l’ombre, une alliance inattendue, et un appel qui a changé le cours du destin.
Tout était prêt. À Dakar, un commando discret, affrété avec précision, s’apprêtait à lancer une opération spéciale visant à éliminer physiquement ou kidnapper le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo. Objectif : créer un vide, une onde de choc, et plonger la scène politique guinéenne dans l’imprévisible. Mais ce jour-là, l’histoire a hésité… puis a bifurqué.
C’est depuis les hauteurs diplomatiques que l’alerte a retenti. Le président Macky Sall, informé par des canaux sensibles, n’a pas appelé directement la cible du complot. Non. Il a composé un autre numéro. Celui d’un ancien adversaire devenu, dans l’urgence, le seul relais de confiance : Alpha Condé.
Pourquoi Macky a-t-il appelé Alpha Condé plutôt que Cellou ?
Deux raisons stratégiques majeures expliquent ce choix surprenant :
1. Confidentialité diplomatique : En tant qu’ancien président du Sénégal, Macky Sall ne peut pas se permettre une communication directe, depuis une ligne sénégalaise, avec un leader politique sous menace d’élimination, au risque de faire capoter toute l’opération de sécurité. L’appel à Cellou aurait pu être intercepté. L’appel à Alpha, lui, était politiquement neutre, historiquement ancré.
2. Alliance invisible mais durable : Au-delà des rivalités du passé, Macky et Alpha partagent des liens stratégiques profonds, construits au fil des sommets, des secrets d’État et des équilibres régionaux. Ce sont deux fauves politiques qui savent quand mettre la rivalité de côté pour sauver l’essentiel : la stabilité sous-régionale.

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Le rôle-clé d’Alpha Condé
Informé, Alpha n’a pas hésité. Il a décroché, et a prévenu Cellou Dalein, son éternel rival mais aussi son jeune frère politique, comme il aime parfois l’appeler dans les coulisses. Loin des projecteurs, l’ancien président a sauvé la vie de celui qui aurait pu prendre sa place, scellant une page méconnue de la politique ouest-africaine.
Ce n’est pas la première fois que des alliances de survie transcendent les lignes de fracture idéologiques. Mais celle-ci restera, dans les mémoires, comme un chapitre à part entière du roman politique guinéen.
« Le téléphone a sonné en fin de soirée. C’était une ligne présidentielle cryptée. Le Président Condé n’a posé aucune question. Il a juste dit : je m’en occupe tout de suite. Cinq minutes plus tard, Cellou était informé. Et mis à l’abri. »
Ancien cadre diplomatique ayant assisté à l’échange, propos recueillis sous strict anonymat.
(Ceux qui veulent contester cette information sont soit limités, soit de mauvaise foi. Je mets quiconque au défi de prouver le contraire. Les archives diplomatiques et les témoins de premier cercle savent ce qui s’est réellement passé.)
Par Siba Béavogui