L’histoire est aussi vieille que les royaumes déchus : quand l’intégrité devient un crime, les corrompus font la loi.
Souadou Baldé, compatriote exemplaire, deuxième vice-gouverneure de la BCRG, vient d’être sacrifiée sur l’autel de la mafia d’État. Une patriote intègre, sans tâche, sans casseroles, sans antécédents. Et pourtant… c’est elle qu’on limoge. Pourquoi ? Parce qu’elle dérange. Parce qu’elle voit clair. Parce qu’elle refuse de courber l’échine.
Derrière cette éviction se cache un complot ficelé avec la précision d’un cambriolage de haut vol. Des journalistes instrumentalisés, des hauts fonctionnaires véreux, des trafiquants d’or protégés… tous les ingrédients d’un système en décomposition avancée.
Pendant ce temps, les vrais coupables – le gouverneur et son premier vice – pataugent jusqu’au cou dans un trafic d’or, documenté par des preuves accablantes : enregistrements audio, messages WhatsApp, documents à l’appui. Et pourtant… silence radio. Aucune enquête, aucune sanction. Le parrain O+, grand chef du pillage organisé, choisit ce moment précis pour se débarrasser de l’unique voix qui ne chantait pas à sa gloire : Souadou.

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On murmure qu’elle serait la source des fuites médiatiques. Mais en regardant de plus près les éléments diffusés, on comprend vite : les échanges viennent de l’intérieur même du réseau mafieux. Des conversations privées entre acteurs du trafic, structurées sur WhatsApp, où Souadou n’apparaît jamais. Qui alors a balancé les preuves ? Nos enquêtes pointent vers un des mis en cause, récemment interpellé, cloué à la maison centrale, qui aurait balancé le dossier aux médias dans une vengeance glaciale.
(À noter ici la responsabilité non négligeable de certains médias, qui en recevant les preuves n’ont pas su – ou pas voulu – protéger leurs sources. Pire : en exposant des éléments bruts, sans précautions, ils ont semé le doute et facilité la chasse à la « taupe ». Résultat : la victime devient suspecte, et les vrais coupables respirent. Il a suffi d’un journaliste, témoin direct du transfert des preuves, pour que la machine s’emballe. Dans ce pays, il faut le dire sans détours : ce sont souvent les journalistes eux-mêmes qui révèlent – volontairement ou pas – l’identité des lanceurs d’alerte. Par négligence, par imprudence, ou par compromission.)
Mais qu’importe la vérité, quand elle gêne l’ordre établi ?
Le message est clair : si vous êtes intègre, vous êtes dangereux. Si vous dites non, vous sautez. Souadou Baldé n’a pas chuté. Elle a été poussée. Par un système qui tremble dès qu’une femme droite refuse de se taire.
Siba Béavogui