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Doumbouyalisation de la Mamaya : Quand la célébration devient profanation!

La Grande Mamaya de Kankan n’est pas une simple fête populaire. C’est un pilier sacré de la mémoire collective des Maninka, un creuset d’unité, un rituel ancestral transmis depuis des siècles pour souder les familles, panser les divisions, et célébrer la dignité culturelle d’un peuple fier.

Mais voilà que ce patrimoine communautaire est aujourd’hui détourné. Instrumentalisé. Profané.

Le régime putschiste de Mamadi Doumbouya tente, avec un cynisme sans limite, de transformer la Mamaya en outil de propagande personnelle. Non plus pour unir, mais pour diviser. Non plus pour honorer la mémoire, mais pour effacer les crimes. Pour imposer l’image d’un homme dont les actes trahissent les valeurs profondes que cette fête incarne.

Comment peut-on célébrer, au nom de l’unité, un homme accusé d’avoir humilié un président Maninka ?

Comment peut-on danser en l’honneur de celui dont le pouvoir est entaché du sang d’officiers et de civils de cette même région ?

Comment accepter qu’il parade là où tant de familles pleurent encore les leurs, injustement tués, spoliés, emprisonnés, opprimés ?

Il ne suffit pas de convoquer les tambours pour faire oublier les balles. Il ne suffit pas d’agiter les pagnes pour effacer les douleurs.

La Mamaya n’est pas une scène de réhabilitation pour dictateur en quête de légitimité. Elle ne doit pas devenir un théâtre d’amnésie collective, encore moins un instrument de manipulation émotionnelle.

« Le sorcier oublie toujours, mais les victimes, jamais. »

Et dans le cœur meurtri de la Haute Guinée, les blessures restent béantes.

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Célébrer la Mamaya en l’honneur de Doumbouya, c’est insulter les morts. C’est piétiner la mémoire. C’est semer les graines de la haine dans une terre déjà brûlée par la douleur.

On ne peut pas tuer et espérer danser avec les familles des cadavres.

Mamadi Doumbouya, par ses actes, est devenu un facteur de division. Et tant qu’il restera le visage central de cette mascarade, la Mamaya sera défigurée, trahie dans son essence.

Aujourd’hui, la logistique est en branle.

Les caisses de l’État se vident pour acheter des consciences et mobiliser les troupeaux politiques. L’artiste Azaya, chantre de la douleur monnayée, entonne déjà l’hymne de la honte à la gloire du bourreau.

La Mamaya, jadis flambeau de cohésion, risque de devenir un cortège de trahison.

Le bourreau veut défiler sur la tombe de ses victimes, et faire applaudir sa barbarie en agitant les familles des morts comme des trophées.

Nous lançons un appel solennel : Que la Mamaya reste un symbole d’unité, de dignité et de mémoire, et non un outil de domination politique.

Qu’elle reste une fête du peuple, et non une couronne posée sur la tête d’un bourreau.

Par Siba Beavogui 

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