Rosso, le cri des oubliés: Cellou Dalein Diallo et son épouse au chevet des Guinéens expulsés de Mauritanie
Rosso, frontière sénégalo-mauritanienne 24 avril 2025.
À Rosso, aux abords du fleuve Sénégal, le 24 avril 2025, une visite singulière a marqué les esprits. Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), accompagné de son épouse Hadja Halimatou Dalein, s’est rendu auprès des Guinéens expulsés de Mauritanie, désormais regroupés dans des conditions précaires sur le territoire sénégalais.
Depuis plusieurs semaines, la frontière entre la Mauritanie et le Sénégal est devenue un point de tension humanitaire. Des centaines de Guinéens – hommes, femmes enceintes, mères allaitantes, enfants en situation de malnutrition, personnes âgées – ont été refoulés sans préavis ni accompagnement, victimes d’une vague d’expulsions dénoncée par plusieurs ONG. Les conditions de vie sont alarmantes : abris de fortune, manque d’eau potable, absence d’assistance médicale.
Face à cette urgence, l’intervention du couple Dalein a été saluée comme un acte de compassion et de responsabilité. Vêtus simplement, ils ont traversé le fleuve en pirogue, échangé avec les familles affectées, écouté les récits de détention, de violences et de pertes.

À travers ce déplacement, ils ont voulu adresser un message clair à l’opinion nationale et internationale.

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“Ces hommes et ces femmes sont nos compatriotes. Ils méritent protection et dignité. Leur abandon n’est pas seulement une faute politique, c’est un échec moral collectif”, a déclaré Cellou Dalein Diallo devant la presse locale.
Cette visite intervient dans un contexte régional marqué par une montée des politiques de contrôle migratoire. En Mauritanie, plusieurs témoignages font état d’arrestations arbitraires, de traitements inhumains et de refoulements sans procédure légale. Les migrants guinéens sont particulièrement ciblés, souvent réduits à l’état de parias, privés de tout recours.
En l’absence de réponse de la part des autorités guinéennes, la démarche de l’UFDG prend une valeur symbolique forte. Elle illustre une conception du leadership fondée sur la présence, la solidarité et l’action concrète sur le terrain.

Un symbole politique et humain
Au-delà du geste, la scène reste marquante : un ancien Premier ministre, figure de l’opposition, face à une crise ignorée par l’État. Dans cette mise en lumière des laissés-pour-compte, Cellou Dalein Diallo et son épouse réaffirment une éthique de proximité et de service.
Le message est clair : le silence officiel ne saurait étouffer la réalité des souffrances. À Rosso, ce 24 avril, c’est l’opposition qui a pris le relais de la République.