Face à la crise de liquidité qui touche actuellement la Guinée, l’État dispose de plusieurs leviers efficaces pour rétablir la stabilité du système financier.
1. Augmenter l’injection de liquidités
La Banque centrale peut accroître l’injection de liquidités dans le système bancaire afin de permettre aux banques commerciales de disposer de suffisamment de cash pour satisfaire les demandes de retrait des clients.
2. Réguler les flux de trésorerie
L’État peut également instaurer des mécanismes de régulation des retraits et des dépôts afin d’éviter les tensions excessives sur les liquidités disponibles dans les banques.
3. Promouvoir les paiements électroniques
Encourager l’utilisation des paiements mobiles, des virements bancaires et des cartes électroniques permettrait de réduire la dépendance à l’argent liquide et d’alléger la pression sur les banques.
4. Renforcer la coordination avec les institutions financières

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Une collaboration étroite entre l’État, les banques commerciales et les opérateurs de téléphonie mobile est indispensable pour garantir une bonne circulation des liquidités dans l’économie.
Le rôle central de la Banque centrale
Dans ce contexte, la Banque centrale doit jouer pleinement son rôle de « prêteur en dernier ressort », agissant comme le pilier de stabilité du système financier. Son intervention vise à empêcher qu’une simple tension de trésorerie ne se transforme en crise bancaire généralisée.
Concrètement, elle peut ouvrir des guichets de refinancement pour fournir des liquidités d’urgence aux banques commerciales qui, bien que solvables, font face à des demandes de retraits importantes.
En abaissant temporairement les taux directeurs ou les réserves obligatoires, la Banque centrale peut également augmenter la quantité de monnaie disponible dans le système bancaire, ce qui contribue à détendre les tensions sur le marché interbancaire et à rétablir la fluidité des paiements.
Par ailleurs, son rôle de régulateur demeure essentiel : elle doit renforcer les normes de gestion des risques afin que les institutions financières maintiennent des réserves de sécurité suffisantes, évitant ainsi que des difficultés passagères de trésorerie ne conduisent à des faillites bancaires.
Cette intervention constitue également un signal fort de confiance pour le marché et pour les citoyens, démontrant que l’institution monétaire est prête à garantir la stabilité de la monnaie et la capacité des banques à honorer les retraits.
Dans ce contexte, la décision du président Mamadi Doumbouya d’instruire son gouvernement d’imprimer de nouveaux billets de francs guinéens peut contribuer à atténuer la pénurie de liquidités. Toutefois, cette mesure doit impérativement s’accompagner d’une gestion rigoureuse et transparente des finances publiques, tant dans les institutions étatiques que dans l’administration.
Alhassane Camara, Juriste, Vice-président du Mouvement SOGUÉ NÈNÈ