Le paysage politique guinéen vient de basculer dans une ère d’incertitude totale. Par un décret lu à la télévision nationale (RTG) ce 07 mars, les autorités du pays ont acté la dissolution de plusieurs formations historiques, dont l’UFDG, l’UFR et le RPG-Arc-en-ciel. Un coup de massue pour le multipartisme.
L’onde de choc : La fin des géants ?
Le décret ne s’est pas contenté de simples avertissements. En visant explicitement les trois piliers de la politique guinéenne des vingt dernières années, le pouvoir frappe au cœur du système partisan :
L’UFDG (Cellou Dalein Diallo) : Principal parti d’opposition sous l’ère Condé, disposant d’une base électorale massive.
Le RPG-Arc-en-ciel (Alpha Condé) : L’ancien parti au pouvoir, dont les structures restaient influentes malgré le coup d’État de 2021.
L’UFR (Sidya Touré) : Acteur clé du centre, pivot historique des coalitions politiques.
Les motifs invoqués : Une “remise à plat” administrative
Officiellement, cette décision s’appuierait sur les résultats de l’évaluation des partis politiques menée par le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD). Les griefs souvent cités incluent :
Non-conformité administrative : Défaut de mise à jour des instances dirigeantes ou des bilans financiers.

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Sièges fictifs ou inactifs : De nombreux partis n’auraient pas de présence physique vérifiable sur le terrain.
Menace à l’ordre public : Une rhétorique parfois utilisée pour justifier la mise à l’écart des formations jugées trop contestataires.
Un “nettoyage” ou une dérive autoritaire ?
Pour les partisans du pouvoir, c’est une étape nécessaire pour assainir un espace politique saturé par plus de 200 partis souvent “coquilles vides”. Pour l’opposition, en revanche, c’est une stratégie d’effacement visant à éliminer toute concurrence sérieuse avant les prochaines échéances électorales.
Le constat est amer : Avec les leaders en exil et leurs partis désormais dissous, la voix de la contradiction institutionnelle s’éteint progressivement en Guinée.
Quel avenir pour la transition ?
La dissolution de ces “géants” laisse un vide immense. Deux scénarios se dessinent :
L’émergence d’une nouvelle classe politique adoubée par les autorités actuelles.
Une radicalisation de la rue, si les partisans de l’UFDG et du RPG estiment que leurs droits civiques sont définitivement confisqués.
Par Mohamed Koket Camara