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Chronique : l’aéroport de Conakry, entre folklore et fonds de commerce

L’image est devenue un classique, pour ne pas dire un cliché lassant. À chaque retour au pays du Chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya, le tarmac et les abords de l’aéroport se transforment en une arène à ciel ouvert. Mais ne vous y trompez pas : ce n’est plus de la ferveur patriotique, c’est du business.

 
Le bal des sycophantes
Ils sont jeunes, dynamiques, et n’ont apparemment rien d’autre à faire de leur journée que de guetter le vrombissement d’un réacteur. Ce sont les nouveaux professionnels de l’accueil. Postés en première ligne, ces jeunes sycophantes jouent des coudes, bousculent le protocole et gênent les personnalités officielles venues, elles, pour des raisons d’État.
Leur objectif ? Être vus. Être sur la photo. S’attirer les grâces (ou les poches) de ceux qui descendent de l’avion ou de ceux qui attendent sur le tapis rouge.
 
Un “Fond de Commerce” sans Limites
Ce qui est inquiétant, c’est que ce zèle n’est plus spontané. C’est devenu un véritable fond de commerce. Pour ces jeunes, l’engagement politique ou le soutien au CNRD s’est mué en une activité lucrative.
L’apparence du soutien remplace la conviction.
Le bruit remplace le débat.
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L’agitation remplace le travail.
En transformant l’accueil républicain en une foire d’empoigne, ils désacralisent la fonction présidentielle et l’ordre protocolaire. Quand la flatterie devient un métier, c’est la dignité de la jeunesse qui prend un coup.
Le Temps de la Rigueur
On se pose alors la question : jusqu’où iront-ils ? À force de ne plus avoir de limites, ces “professionnels de l’applaudissement” finissent par polluer l’image de marque du pays. L’aéroport, porte d’entrée de la nation, ne devrait pas être le théâtre de ces bousculades mercantiles.
Il est peut-être temps de rappeler que le soutien à un dirigeant se mesure à l’apport citoyen au développement, et non au nombre de décibels produits pour attirer l’attention d’un ministre ou d’un conseiller.
Le patriotisme est un sentiment noble, mais quand il est monnayé contre une place au premier rang ou une enveloppe, il perd tout son sens.

Mohamed Koket Camara, journaliste passionné, homme éclairé

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