Lettre ouverte au président Mamadi Doumbouya: Quand un Fonds social devient un instrument d’oppression
À Son Excellence Monsieur le Président de la République de Guinée Chef de l’État Général Mamadi DOUMBOUYA
Monsieur le Président,
Ce texte n’est ni une plainte ordinaire, ni une requête administrative.
C’est un acte d’alerte publique, un cri de détresse institutionnel, et surtout un réquisitoire contre une gestion prédatrice qui défigure l’action sociale de l’État guinéen.
Le Fonds de Développement Social et de l’Indigence (FDSI), censé protéger les plus vulnérables, est aujourd’hui devenu, sous la direction de Monsieur Lansana DIAWARA, un espace de répression, de mensonge, de népotisme et d’humiliation humaine.
DES ARRIÉRÉS PAYÉS PAR L’ÉTAT, MAIS JAMAIS AUX TRAVAILLEURS
Plus de 80 agents (cadres et contractuels) cumulent 20 à 26 mois d’arriérés de salaires et de primes, déjà intégralement décaissés par l’État guinéen.
Face aux autorités, Monsieur DIAWARA affirme froidement avoir payé.
C’est faux.
C’est vérifiable.
C’est gravissime.
Toutes les procédures administratives ont été suivies.
Une lettre officielle a été adressée à la tutelle le 15 mai 2022, avec accusé de réception n°1437 du 21 juin 2022.
La Primature aurait même donné son accord pour le paiement.
Monsieur DIAWARA a refusé d’exécuter.
Il a préféré user de ses relations, intimider, corrompre, bloquer, mentir.
UNE ÉPURATION ADMINISTRATIVE ORGANISÉE
Depuis son décret de nomination, Monsieur DIAWARA a engagé une chasse méthodique contre les anciens cadres et contractuels, remplacés par :
• ses proches,
• ses relations personnelles,
• ses frères et sœurs,
• ses obligés.
Ces recrutements se font avec des salaires excessifs, provoquant des crises financières artificielles, pendant que les anciens agents survivent sans revenus.
Résultat : les salaires sont payés tous les deux mois, parfois plus.
Des agents sont révoqués sans motif, sans procédure, sans défense.
MÉPRIS DE L’AUTORITÉ DE L’ÉTAT
J’ai personnellement été retiré arbitrairement de mon poste à Dalaba pour avoir utilisé une autorisation d’absence signée par le Préfet, autorité administrative légale.
Le Directeur des Ressources Humaines, Joël CÉLIA, a osé :
• contester l’autorité du Préfet,
• me menacer par téléphone,
• affirmer que l’administration territoriale ne vaut rien face à la Direction Générale.
Une semaine plus tard, une décision interne m’a évincé.
Ceci est une insulte à l’État.
L’HUMILIATION PAR LA FORCE ARMÉE
Le cas de Madame Marie Madeleine KAMANO, contractuelle, est un scandale national.
Pour avoir réclamé ses arriérés :
• elle a été arrêtée par des gendarmes,

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• embarquée dans un pick-up,
• détenue jour et nuit à la brigade de Matam (février 2024),
• contrainte de signer une fausse accusation pour recouvrer sa liberté.
Aujourd’hui, elle est sans travail, sans revenu, sans justice.
Ceci n’est pas de l’administration. C’est de la persécution.
DIX ANS DE SERVICE, ZÉRO PROTECTION
J’ai servi 10 ans cet établissement public, parcourant à moto :
Koundara – Boké – Conakry – Kindia – Guéckédou – Yomou
pour les pauvres, les malades, les ménages vulnérables.
En décembre 2022, j’ai fait un grave accident de travail dans un ravin, à 22h, à 25 km de Gaoual.
Moto détruite.
Blessures graves.
Aucune prise en charge. Zéro franc.
Un Fonds social qui abandonne ses agents blessés est moralement disqualifié.
UN HUMANITAIRE SANS HUMANITÉ
Les missions sont financées.
Mais sur le terrain :
• pas de transport,
• pas de nourriture,
• pas d’hébergement,
• agents dormant dans des salons.
Aujourd’hui, pour travailler au FDSI, il faut :
prêter serment de loyauté personnelle au Directeur Général.
Ce n’est plus une administration.
C’est un système féodal.
ALERTE AU CHEF DE L’ÉTAT
Monsieur le Président,
Déguiser un loup en brebis et l’introduire dans la bergerie, puis se taire pendant qu’il dévore les brebis, c’est être complice.
Me taire aujourd’hui serait une non-assistance à institution en danger.
Je demande publiquement :
• un audit indépendant immédiat du FDSI ;
• la publication des décaissements de l’État ;
• le paiement intégral des arriérés ;
• la fin de la terreur administrative.
Il y a pire que ce qui est écrit ici.
La vérité complète viendra.
Vive la République de Guinée.
Que la justice rattrape ceux qui ont confondu pouvoir et impunité.
Jean-Paul LENO