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Ibrahima Sory Bangoura, le vieux lion devenu chien de cour

Chronique d’une dignité perdue dans le marasme de la trahison.

Aïe ! Quel gâchis !

Le général sans troupe au service du cartel qui a tué ses hommes !

C’est une tragédie qui secoue le général Conté dans son repos éternel.

Le pays qui n’a jamais tué pour prendre le pouvoir voit aujourd’hui ses dignes fils servir la trahison, cousue dans le sang de leurs propres compatriotes.

C’est l’histoire d’un soldat devenu figurant dans le théâtre des bourreaux. Un vétéran des Forces armées guinéennes, jadis redouté pour sa rigueur, aujourd’hui prisonnier de son propre silence.

Le général Ibrahima Sory Bangoura, ancien officier du BASP, fut de ces hommes qu’on appelait quand l’ordre devait redevenir discipline.

Formé dans le sacro-saint esprit républicain, il incarna cette école où la loyauté se transmettait comme un héritage.

De 2001 à 2003, il dirigea le Bureau des opérations et de l’instruction du Bataillon autonome de la Sécurité présidentielle.

Son aura explosa entre 2004 et 2006 lorsqu’il prit le commandement de la Compagnie d’Intervention et de Sécurité, avant de devenir Commandant de promotion au Cours d’application des officiers d’infanterie, puis Commandant adjoint de la Compagnie de Protection Physique du Président de la République.

Un parcours de fer, forgé dans la hiérarchie et la fidélité.

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Mais en Guinée, la loyauté est une monnaie qui se dévalue à chaque coup d’État.

Après le décès de son bienfaiteur Lansana Conté, Dadis Camara, protecteur des anciens du BASP, sauva l’essentiel de ses hommes les fameux douze salopards de l’ex-garde présidentielle.

Ils échappèrent aux purges du CNDD.
Mais quand Sékouba Konaté prit le relais, le ciel se couvrit : les représailles commencèrent.
Les anciens commandos fidèles au défunt président Conté furent pourchassés, torturés, éliminés.

Ces hommes d’honneur qui avaient défendu la République au prix de leur sang furent sacrifiés sur l’autel de la suspicion.

Depuis lors, le cartel ethno-militaire qui gouverne aujourd’hui la Guinée a méthodiquement décimé cette élite silencieuse  ces soldats fidèles à Conté, à Dadis, puis à Alpha.
Un à un, les meilleurs ont été effacés.
Et Ibrahima Sory Bangoura, lui, a survécu.
Mais à quel prix ?

Ses troupes ont été broyées, ses frères d’armes exécutés, ses valeurs enterrées.
Et lui, le vieux lion, s’est fait chien de cour.
Un général sans armée, devenu simple décoration bureaucratique au service de ceux qui ont égorgé les siens.
La gloire d’hier s’est fondue dans la servilité d’aujourd’hui.

Le titan est devenu montagne aux pieds d’argile.
Le vétéran s’est mué en secrétaire d’un délinquant en treillis serviteur docile d’un homme sans carrière, sans mémoire, sans patrie morale.

Ibrahima Sory Bangoura a trahi l’armée républicaine que le général-président Lansana Conté avait façonnée : une armée du devoir, du drapeau et de la dignité.

En s’alliant à ceux qui ont piétiné le serment des armes, il a renié l’héritage du soldat. Son uniforme porte désormais la tache de la compromission.

Et qu’importe son parcours de fer, sa carrière de feu, son ancienneté ou ses médailles car l’histoire retiendra qu’il fut le général sans troupe, celui qui se mit au garde-à-vous devant les assassins de ses frères.

Par Siba Beavogui 

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