Le constat est amer, et le silence n’est plus une option. À Kamsar, au cœur de nos lycées, un phénomène inquiétant dessine les contours d’une crise morale sans précédent.
Entre l’insolence généralisée et la démission des autorités, ce sont nos filles l’avenir de cette nation qui se retrouvent à la croisée des chemins, entre une éducation défaillante et un environnement social toxique.
La Faillite de l’État : Un cadre sans boussole
L’État ne peut se contenter de bâtir des murs et de distribuer des craies. Son rôle est de garantir un environnement sécurisé et une éthique républicaine.
L’impunité : Lorsque les actes d’indiscipline ne sont pas sanctionnés par une administration forte, le chaos s’installe.
Le manque de moyens : Des classes surchargées et un manque de suivi pédagogique poussent les élèves vers la distraction plutôt que vers l’excellence.
Le parent d’élève : premier éducateur ou premier démissionnaire ?
Il est temps de dire la vérité : l’école instruit, mais la maison éduque. Aujourd’hui, on assiste à un transfert de responsabilité dangereux. Beaucoup de parents ont abdiqué, laissant la rue et les réseaux sociaux forger le caractère de leurs filles.
Un enfant qui n’apprend pas le respect de l’autorité à table ne le respectera jamais devant un tableau noir. La complicité silencieuse des parents face aux écarts de conduite de leurs enfants est le premier clou dans le cercueil de notre système éducatif.
L’Enseignant : De Sacerdote à Souffre-douleur
Le point de rupture est atteint lorsque l’élève se permet d’insulter celui qui lui transmet le savoir.

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L’insulte à l’enseignant n’est pas qu’un manque de politesse ; c’est un sacrilège intellectuel.
En humiliant le maître, l’élève détruit sa propre source de lumière.
Comment exiger la réussite quand le corps enseignant travaille dans la peur ou le mépris ? Un peuple qui ne respecte plus ses enseignants est un peuple qui programme son propre déclin.
École vs Maison : La Dualité de l’Éducation
Il existe une différence fondamentale qu’il faut rétablir :
À la maison : On transmet les valeurs, la morale, l’identité et le respect d’autrui. C’est le socle affectif et éthique.
À l’école : On acquiert les compétences, le sens critique et la vie en société. C’est le socle intellectuel.
Lorsque la maison ne fournit pas le socle moral, l’école devient un champ de bataille. À Kamsar, nos lycées ne doivent pas devenir des lieux de déviances, mais rester des sanctuaires du savoir.
Un Appel à un Pacte Nouveau
Nous appelons à un sursaut national. L’État doit restaurer l’autorité des chefs d’établissement. Les parents doivent redevenir des modèles et des tuteurs fermes. Enfin, les élèves, particulièrement nos jeunes filles, doivent comprendre que leur dignité passe par le savoir et le respect de ceux qui les guident.
Mohamed Koket Camara
La plume au service de la vérité.