Formation du nouveau gouvernement : tous les ministres ayant fait quatre ans ne seront pas reconduits
À l’orée de la Cinquième République, la Guinée retient son souffle. La nomination imminente d’un nouveau gouvernement par le président Mamadi Doumbouya s’annonce comme un tournant majeur : rupture assumée avec l’équipe sortante, rééquilibrage régional du pouvoir et ouverture calculée à des figures issues de l’opposition et de l’ancien régime.
Quatre ans après la mise en place des premières institutions de la transition, l’attente autour de la formation du prochain gouvernement est devenue fébrile. Dans les rues de Conakry comme dans les cercles politiques, l’impatience est palpable. Pour de nombreux Guinéens, cette nouvelle équipe gouvernementale devra incarner non seulement la Cinquième République, mais aussi la promesse d’un véritable renouveau politique.
Selon des informations recueillies auprès d’une source proche du palais Mohamed V, le chef de l’État aurait opté pour une rupture nette : aucun ministre ayant cumulé quatre années de présence au gouvernement ne devrait être reconduit. Une décision lourde de sens, qui vise à tourner définitivement la page de la transition prolongée et à répondre à une opinion publique lassée par l’immobilisme perçu de certains départements ministériels.
Autre signal fort : la primature devrait être confiée à une personnalité originaire de la Basse-Guinée. Ce choix, s’il se confirme, s’inscrirait dans une logique de rééquilibrage géopolitique du pouvoir, dans un pays où la question régionale demeure un facteur politique sensible. Parallèlement, l’ancien Premier ministre serait pressenti pour prendre la tête de la future Assemblée nationale, dont l’installation est annoncée pour le mois de mai prochain, conjointement aux élections communales. Une option qui traduirait la volonté du pouvoir de capitaliser sur l’expérience institutionnelle tout en redéployant les équilibres.
La recomposition annoncée irait au-delà du simple jeu institutionnel. Toujours selon nos sources, de nouvelles figures issues de l’UFDG et de l’UFR devraient faire leur entrée au gouvernement, aux côtés de certains anciens dignitaires du régime d’Alpha Condé. Une ouverture qui peut sembler paradoxale, mais qui répond à une logique de consolidation politique et de recherche d’inclusivité dans la construction de la Cinquième République.

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Sur le dossier sensible des détenus politiques, des signaux d’apaisement émergent également. Le général de corp d’armée Balla Samoura, Haut commandant de la gendarmerie nationale et directeur de la justice militaire, aurait engagé des démarches discrètes à la suite de l’investiture de Mamadi Doumbouya. Ces initiatives pourraient déboucher, dans les prochains jours, sur la libération de certains détenus politiques, un geste attendu tant par l’opinion nationale que par les partenaires internationaux de la Guinée.
Entre volonté de rupture, calculs stratégiques et impératif de stabilité, le président Mamadi Doumbouya joue une séquence politique décisive.
La composition du prochain gouvernement permettra de mesurer l’ampleur réelle du changement annoncé.
Nous y reviendrons.
Par Azözöye Bangoura