Investiture du président Mamadi Doumbouya : quand un moment historique se perd dans l’une des retransmissions télévisuelles les plus défaillantes de l’histoire médiatique guinéenne.
Moment solennel par excellence, l’investiture du président de la Transition, le général Mamadi Doumbouya, aurait dû être une vitrine du professionnalisme audiovisuel guinéen et un symbole d’unité nationale.
Pourtant, la retransmission télévisuelle de cet événement majeur s’est transformée en une expérience pénible pour les téléspectateurs, marquée par des dysfonctionnements techniques, des choix éditoriaux discutables et une absence criante de rigueur professionnelle, suscitant incompréhension, frustration et indignation.
On vient de subir une douloureuse souffrance face à ce qui restera, pour de nombreux observateurs avertis, comme l’une des plus catastrophiques retransmissions télévisuelles jamais proposées au public guinéen.
Loin de la solennité attendue, la couverture audiovisuelle de l’investiture du président Mamadi Doumbouya a donné l’impression d’une improvisation permanente, indigne de l’importance politique et symbolique de l’événement.
Dès les premières minutes, les failles techniques se sont imposées comme un fil conducteur : images instables, cadrages approximatifs, changements de plans incohérents, retards de son et pertes audio répétées. À cela s’est ajoutée une réalisation confuse, incapable de hiérarchiser l’information visuelle ou de capter les moments clés qui fondent la mémoire collective d’une nation. Le téléspectateur, au lieu d’être guidé, a été abandonné dans un flux désorganisé, sans narration claire ni logique éditoriale.

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Plus préoccupant encore, l’absence de coordination entre les équipes techniques et éditoriales a accentué le malaise. Les commentaires, lorsqu’ils existaient, manquaient de contextualisation, parfois même de précision, laissant transparaître une préparation insuffisante.
Un événement d’une telle portée exige pourtant une maîtrise parfaite du direct, une anticipation des séquences protocolaires et une connaissance approfondie des enjeux politiques et institutionnels. Cette défaillance ne saurait être réduite à un simple incident technique. Elle interroge plus largement l’état de la télévision publique et, au-delà, la place accordée au professionnalisme dans la couverture des grands événements nationaux.
Dans un monde où l’image façonne la perception internationale d’un pays, offrir une retransmission aussi chaotique revient à fragiliser la crédibilité médiatique de la Guinée sur la scène régionale et internationale. L’investiture du président Mamadi Doumbouya aurait dû être un moment de rassemblement, de fierté et de projection vers l’avenir. Elle s’est malheureusement muée, sur le plan médiatique, en une occasion manquée. Une occasion manquée de démontrer que la Guinée est capable de produire des contenus audiovisuels à la hauteur de ses ambitions politiques et de son histoire.
Au-delà de la critique, cette expérience doit servir d’électrochoc. Elle impose une remise en question profonde des méthodes de travail, un investissement sérieux dans la formation des professionnels de l’audiovisuel et une exigence accrue de qualité. Car retransmettre un événement historique n’est pas un exercice anodin c’est une responsabilité vis-à-vis du peuple, de l’histoire et de la mémoire nationale.
Par Azözöye Bangoura