Derrière les annonces triomphalistes de prises en charge médicales dans les sept régions du pays, des dysfonctionnements graves et des chiffres controversés émergent. Une enquête révèle des impayés, des tensions internes et des statistiques qui auraient été artificiellement gonflées à des fins de communication.
Selon des informations recueillies auprès de sources internes et de partenaires du dispositif sanitaire, les prises en charge médicales annoncées ces dernières semaines dans les sept régions relèveraient davantage d’une opération de communication que d’une action sanitaire effective.
Des pharmacies partenaires en rupture de confiance
D’après nos investigations, plusieurs pharmacies partenaires auraient refusé de prendre part aux cérémonies officielles de lancement des prises en charge, invoquant le non-paiement de factures antérieures. Ces impayés persistants auraient entraîné une rupture de confiance entre l’administration concernée et ses prestataires, paralysant de fait la mise en œuvre réelle des activités annoncées.
Cette situation aurait provoqué de vives tensions internes, débouchant notamment sur des litiges entre le responsable du programme et certains de ses cadres. Toujours selon nos sources, ces désaccords auraient conduit au limogeage du Directeur régional de Kindia, un épisode révélateur d’un malaise profond au sein de la structure.
Cérémonies annulées à Labé, Faranah et N’Zérékoré
Dans ce climat de crispation, le responsable du programme aurait refusé de participer aux cérémonies prévues dans les régions de Labé, Faranah et N’Zérékoré. Une décision qui, selon plusieurs observateurs, traduirait l’incapacité à réunir les conditions matérielles et financières nécessaires à l’organisation de ces événements.

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Mamou : des chiffres contestés
L’un des points les plus sensibles concerne la région de Mamou. Officiellement, 137 malades y auraient bénéficié d’une prise en charge médicale. Une affirmation catégoriquement démentie par nos sources, qui parlent d’une réalité bien différente.
Selon ces témoignages concordants, seuls cinq malades auraient effectivement été pris en charge lors de la première opération. Toutefois, il aurait été donné instruction au service de la communication de porter ce chiffre à 100, afin de renforcer l’impact médiatique de l’action.
Les images diffusées pour illustrer cette prise en charge auraient d’ailleurs été réalisées à l’intérieur de l’hôpital, faute de pouvoir organiser une cérémonie officielle pour un nombre aussi limité de bénéficiaires.
Une communication sous question
Ces révélations soulèvent de sérieuses interrogations sur la sincérité des chiffres avancés et sur l’utilisation de la communication institutionnelle à des fins de propagande. Elles posent également la question de la gouvernance, de la transparence financière et du respect des partenaires engagés dans des programmes à fort impact social.
À ce stade, les responsables mis en cause n’ont pas officiellement réagi à ces accusations. Une clarification publique apparaît toutefois indispensable, tant les enjeux sanitaires et la crédibilité des institutions sont en jeu.
Par Azözöye Bangoura