Il fallait s’y attendre. Quand Mamadi Doumbouya n’a plus de cartouches, il se met à errer dans les couloirs de l’Élysée comme un mercenaire déchu en quête d’un regard, d’un souffle, d’un signe. L’infréquentable, ancien exécutant de basses œuvres, tente une ultime manœuvre : forcer l’attention d’Emmanuel Macron, un président qui déteste les criminels de sang, les kidnappeurs d’enfants et les apprentis tyrans en uniforme.
À Simandou, lors du lancement suspect mis en scène comme une liturgie d’imposture, Doumbouya a joué sa dernière carte. Une vidéo le montre pressant Brice Clotaire Oligui Nguema, président du Gabon, d’intercéder auprès de Macron pour attirer son regard sur son dossier de parjure. Derrière les sourires et les poignées de main, le marché est limpide : jurer, au nom de Fadi Wazni l’homme de liaison des services français, de remettre les clés de l’aluminium guinéen à Paris. Une monnaie de trahison pour espérer sauver une candidature illégale.

La visite de Macron au Gabon devient alors un enjeu vital pour Conakry. Un appel entre Macron et le putschiste est attendu sur ces quarante-huit heures, comme la dernière bouée d’un régime en perdition. Mais cette manœuvre mènera-t-elle à un soutien français ? Un diplomate français, prudent, prévient : Macron n’a aucune intention de s’embourber dans ce qu’il décrit comme un sable mouvant. Le spectre de l’anti-français embrase déjà l’Afrique, la France-Afrique agonise, et Doumbouya collabore avec les Russes. Paris ne fait pas confiance à un putschiste qui joue double jeu.

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Pour la Guinée, une seule issue : que la France reste neutre, ou mieux encore, qu’elle se tienne du côté de la majorité silencieuse, celle qui endure depuis trois ans un calvaire politique, économique et humain. Contrairement à certains pays, les Guinéens ont déjà connu l’excès d’une euphorie anti-française. Ils n’y retourneront pas. À moins qu’on les y pousse.
Il faut rappeler qu’il y a quarante-huit heures, le ministre putschiste des Affaires étrangères était déjà au Gabon. Officiellement pour évoquer une coopération économique, officieusement pour consolider la mise en scène d’un appel tant rêvé par le kidnappeur du palais M5. Un ballet diplomatique fabriqué de toutes pièces pour arracher le dernier espoir, la dernière illusion d’un pont entre Conakry et Paris.

Pendant ce temps, à Paris, les Forces vives affûtent leurs relais et activent leurs réseaux : une mobilisation discrète mais déterminée pour alerter l’Assemblée nationale française et empêcher que Paris ne se compromette dans le soutien d’un parjure. La bataille diplomatique ne fait que commencer, et cette fois, elle ne se jouera pas dans les couloirs du palais M5, mais dans les consciences de ceux qui refusent que la France cautionne l’illégalité et le sang.
Par Siba Beavogui