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Kérouané en ébullition contre Simandou pendant qu’à Kassa le putschiste et son escorte se vautrent dans la villa Wazni

Pendant que les populations de Kérouané sont réduites à l’esclavage social et privées des retombées de Simandou, les braqueurs d’État et leurs complices colons-miniers se vautrent dans la drogue, la luxure et l’argent volé. Ce texte n’est pas un simple article : c’est un réquisitoire. Une mise à nu de l’arnaque, de l’impunité et de la dépravation qui rongent la prospérité nationale. Ils pillent nos ressources, souillent la dignité de nos filles avec l’argent qu’ils nous ont arraché, et transforment nos terres en butin personnel. De Kérouané aux îles de Los, nous levons le voile sur la triste réalité qu’ils cachent derrière leurs mensonges, leurs privilèges et leur insolence.

À Kérouané, la colère a éclaté tandis qu’à Kassa, le putschiste et sa horde s’enjaillaient dans la villa Wazni. Deux visages d’une même République fracturée : d’un côté, un peuple qui réclame l’eau et la dignité ; de l’autre, une oligarchie minière droguée à l’impunité, qui se pavane sur les îles de Los avec l’argent volé à ceux qu’elle réduit au silence. Les braqueurs en uniforme et leurs alliés colons-miniers dilapident nos ressources, profanent les corps de nos filles et transforment Kassa en fumerie d’extase et de prostitution. Ils pillent, ils se gavent, ils ricanent : voilà leur doctrine unique de gouvernance. De Kérouané aux îles de Kassa, l’écart est devenu obscène, indéfendable, criminel.

Très tôt ce lundi 17 novembre 2025, les habitants de Kérouané n’ont plus supporté l’humiliation. Ils sont sortis dans les rues de la préfecture, avec pour seule arme leur voix. Ils ont marché contre Simandou non contre un préfet, un maire ou un président mais contre un système minier qui les saigne et les abandonne. Kérouané est l’épicentre du projet, mais son peuple reste l’épicentre de la misère. L’eau manque, les rivières sont empoisonnées, et le courant électrique est un souvenir lointain. Le Simandou qui brille dans les communiqués n’existe pas ici : celui qui existe réellement détruit des vies.

Ansoumane Diabaté, président de l’Union des Entrepreneurs de Kérouané, confirme la colère : « Oui, il y a eu manifestation. La population réclame l’eau. Toutes les rivières sont impactées par le projet. Le courant ne revient plus. » Sa voix reste calme, mais l’amertume transperce : à Kérouané, même l’espoir est contaminé comme les rivières.

Il n’y a pas eu de morts ni de blessés : seulement des arrestations pour rappeler au peuple que la vérité dérange. Les habitants n’ont pas protesté contre les autorités locales ; ils ont protesté contre la trahison de Simandou. Les promesses de contenu local ne sont que slogans creux. Les entreprises locales ne voient rien. Ce sont des sociétés venues d’ailleurs qui raflent les contrats tandis que les entrepreneurs de la préfecture, premiers impactés, sont traités comme des figurants dans leur propre vie.

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Pis encore : pour avoir un emploi dans les entreprises de Simandou, il faut payer 6 à 7 millions de francs guinéens. Une extorsion déguisée, un racket institutionnel. On promet 30 % de recrutements locaux, mais en réalité les jeunes de Kérouané sont exclus, humiliés, refoulés par un système calibré pour enrichir les clans et affamer les communautés.

Alors que Kérouané suffoque sous la poussière, l’eau rare et les routes défoncées, l’autre Guinée celle des putschistes et des colons-miniers organise des soirées de décadence à Kassa. On y danse, on y sniffe, on y parade. On y exhibe des escortes et des liasses sorties des entrailles de Simandou. Ce contraste n’est pas seulement une honte : c’est une preuve. Une preuve que le Simandou de Conakry n’a rien à voir avec le Simandou vécu par les communautés. Une preuve que les profiteurs du régime ne voient la Guinée que comme un self-service minier.

La région de Kérouané est devenue un champ de tensions parce qu’elle est un champ de trahison. Routes impraticables, services sociaux inexistants, impacts environnementaux ignorés, promesses pulvérisées, dignité piétinée : voilà ce que cache la propagande dorée autour du “mégaprojet”. Les maîtres du pillage minier exploitent les minerais, mais surtout l’aveuglement d’un régime qui confond gouvernance et orgie clandestine. Simandou aurait pu être un levier de prospérité nationale ; ils en ont fait un corridor de misère locale et d’opulence mafieuse.

Voici la vérité : dans cette Guinée malade, les uns marchent pieds nus dans la boue pour réclamer l’eau qu’on leur a volée, pendant que les autres marchent en tongs de luxe autour d’une piscine à Kassa avec des armes posées comme accessoires décoratifs. Entre Kérouané qui pleure et Kassa qui rit, il n’y a pas deux pays : il y a une seule injustice qui se dédouble.

Et tôt ou tard, le mensonge finira par s’effondrer sous sa propre obscénité.

Avec Siba Béavogui 

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