Les infos à la source

Conakry – Vendredi Noir : Doumbouya lâche ses escadrons de la mort contre le peuple !

Quatre ans jour pour jour après le coup d’État du 5 septembre 2021, la Guinée a replongé dans la peur. Conakry a vécu un vendredi de pluie, de tension et de terreur, marqué par la présence massive de forces armées dans les rues. Entre pick-up de police, gendarmes en patrouille et militaires lourdement armés, la capitale s’est retrouvée sous occupation, dans un climat qui rappelle les heures les plus sombres de la transition.

La pluie, seule alliée du peuple.

Depuis le matin, le ciel de Conakry déversait sa colère. Des averses diluviennes ont noyé les artères, retardant les appels à manifester lancés par l’opposition. Les rues étaient désertes, les boutiques fermées, les habitants cloîtrés dans leurs maisons. La pluie est devenue, l’espace d’un instant, le seul rempart contre la répression.

Mais vers le soir, alors que l’eau cessait de tomber, les premiers jeunes ont osé braver l’humidité et la peur. Jets de pierres timides, cris de défi, et aussitôt, la riposte : les forces de l’ordre ont dégainé gaz, matraques et armes automatiques.

Un 5 septembre de sang et de mémoire.

Ce n’était pas un hasard. Ce vendredi 5 septembre 2025 marquait le quatrième anniversaire du coup d’État militaire qui a renversé Alpha Condé. Une date que l’histoire retient déjà comme une plaie ouverte.

« Nous ne voulons pas revivre 2021, mais le régime a choisi de nous rappeler par la force que la terreur est sa seule méthode », confiait un habitant de Bailobaya, resté terré dans sa maison.

Sur la route de la Cimenterie, pick-up et camions militaires défilaient. Les passants filmaient à distance, certains tremblant, d’autres rageurs. Le symbole est fort : là où le putsch a inauguré la descente aux enfers, Doumbouya ravive quatre ans plus tard la même peur.

- Advertisement -

- Advertisement -

(Il faut ajouter à cela, le kidnapping de plusieurs jeunes de l’axe, survenu peu avant la marche, comme un prélude à la répression programmée. Un rappel brutal que la violence du régime commence toujours dans l’ombre, avant d’éclater en pleine rue.)

La stratégie de la terreur.

En déployant ses escadrons de la mort dans les quartiers populaires, le régime a envoyé un message clair : aucune contestation ne sera tolérée. Cette démonstration de force dépasse la simple sécurité publique. Elle s’inscrit dans une logique politique : intimider, faire taire, briser l’élan de la rue.

« Le pouvoir n’a plus de légitimité, il n’a que la force brute. Mais l’histoire de la Guinée l’a montré : aucun régime de peur ne dure éternellement », souffle un vieux militant rencontré près du carrefour de la Cimenterie.

Analyse politique : la peur comme dernier refuge. Ce vendredi noir révèle une vérité nue : le CNRD est piégé par son propre héritage. En quatre ans, il n’a ni construit un consensus, ni amorcé une transition crédible. Il n’a que les armes.

Mais gouverner par les armes, c’est gouverner par la peur. Et la peur est un feu de paille : elle brûle vite, mais finit toujours par consumer celui qui l’allume. Doumbouya, en répétant les gestes du 5 septembre 2021, rappelle au peuple qu’il n’a pas changé, qu’il reste l’homme du putsch et non de l’avenir.

La pluie a empêché les foules de se rassembler ce 5 septembre. Mais elle n’a pas éteint la colère. Et quand les nuages se dissiperont, il restera la mémoire des chars et des fusils face à un peuple qui ne veut plus plier.

Conakry a connu un vendredi noir, comme une cicatrice qui refuse de se refermer. L’anniversaire du putsch a été célébré non par le dialogue, mais par le déchaînement d’escadrons armés. Le boucher du 5 septembre a choisi de raviver les fantômes, croyant imposer sa loi par la peur. Mais au fond, ce 5 septembre 2025 marque aussi le début d’une autre mémoire : celle d’un peuple qui n’oublie pas, et qui prépare déjà la riposte de demain.

Par le chasseur de vérité 

A lire aussi