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Drogue en Guinée : des propositions concrètes de l’activiste Yamoussa Bangoura pour renforcer la lutte

Alors que les opérations de répression contre les consommateurs et trafiquants de drogue, notamment du Kush, se multiplient en Guinée depuis quelques semaines, des voix issues de la société civile appellent à des solutions plus durables.

C’est le cas de Yamoussa Bangoura, Coordinateur général du Service d’Aide aux Jeunes en Situation Difficile par la Drogue (SAJED-G) et membre du Conseil d’Administration du CNOSCG.

Lors d’une visite dans les locaux d’Avenirguinee.org ce lundi 14 juillet 2025, il a proposé des pistes alternatives pour une lutte plus efficace.

« Ces actions sont arrivées tardivement. La drogue a déjà fait beaucoup de ravages. L’intervention des forces de défense et de sécurité est salutaire, notamment pour le démantèlement des réseaux de trafic. Mais cela ne suffit pas. Il faut renforcer les frontières terrestres et surtout maritimes, car la drogue entre aussi par-là », a-t-il affirmé.

Selon lui, la lutte contre la drogue ne doit pas se limiter aux grandes villes. Il appelle à l’élargissement des opérations à tout le territoire national, y compris dans les zones rurales, où le phénomène est également présent.

« Ces opérations doivent être pérennes. La drogue n’est pas seulement un problème des villes. Il faut élargir ces actions à l’ensemble du territoire. »

Autre priorité évoquée : le renforcement de la coopération internationale, car la drogue entre souvent sur le territoire guinéen depuis l’étranger.

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« La drogue vient souvent de l’extérieur. Si nos relations diplomatiques ne sont pas solides, cela peut compromettre nos efforts. »

Il insiste également sur l’importance de valoriser les sites démantelés, afin d’éviter leur réoccupation, et recommande des mesures judiciaires fortes :

« Il faut incinérer les saisies et traduire les trafiquants devant la justice. Cela renforcera la crédibilité des opérations et encouragera les partenaires à soutenir les efforts du gouvernement. »

Sur l’aspect sanitaire, l’activiste Bangoura attire l’attention sur les conséquences psychologiques de la consommation de drogue, notamment chez les jeunes, et déplore le manque d’accompagnement thérapeutique :

« Beaucoup de jeunes ont le système nerveux gravement atteint. La prison ne suffit pas, ce n’est pas un lieu de réhabilitation. Il faut introduire l’injonction thérapeutique pour permettre aux toxicomanes de recevoir un traitement adapté. »

Enfin, il déplore le peu d’attention accordée à la prévention et appelle à un soutien accru aux acteurs de la société civile : « La prévention est un volet fondamental, mais négligé. Les ONG font ce qu’elles peuvent avec peu de moyens. L’État doit appuyer ces acteurs pour qu’ils puissent mener des campagnes de sensibilisation, d’information et de mobilisation sociale. »

En somme, Yamoussa Bangoura plaide pour une lutte contre la drogue intégrée, combinant répression, prévention, traitement et coopération internationale.

Avec avenirguinee.org

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