Il y en a qui rêvent si fort d’appartenir à une cause, qu’ils en viennent à falsifier le temps, à marcher dans des couloirs qui n’existaient pas encore, à parler de fidélité dans des temples pas encore bâtis.
Un responsable politique a récemment déclaré être à l’UFDG depuis 1987.
1987 !
Un temps où la Guinée n’avait qu’un seul parti,
où toute velléité de contestation était un crime d’État, où même l’idée de “parti d’opposition” était une hérésie politique.
Or, rappelons-le calmement : Le multipartisme n’a été instauré en Guinée qu’en 1990.
Et l’UFDG est née en 1991, reconnue officiellement en 1992. Donc en 1987, ce parti n’existait pas.
Pas sur papier.
Pas dans les urnes.
Pas dans les rues.
Pas même dans l’imaginaire légal de la République.
Alors ?
Comment peut-on dire qu’on militait dans une structure qui n’existait pas ?
À moins d’être un prophète perdu entre science-fiction et ambition dévorante.

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Ce genre de réécriture de l’histoire n’est pas anodin.
Il dit une chose : L’envie de se tailler un statut d’ancien, de vieux compagnon de route,
de pionnier d’un combat qu’on a en réalité rejoint tardivement.
Mais l’histoire n’est pas une scène de théâtre où chacun peut improviser. Elle a des dates, des faits, des témoins. Et elle refuse les imposteurs.
En 2007, Cellou Dalein Diallo rejoint l’UFDG.
Il le fait dans la clarté, avec un cap et une vision.
Depuis, il n’a cessé d’en payer le prix fort :
l’exclusion, la violence, l’exil, mais aussi l’amour d’un peuple.
Alors que certains falsifient les horloges pour paraître grands, lui avance, droit dans le vent contraire.
Et au milieu du vacarme, une étoile veille encore.
Alpha Issagha Diallo