La campagne de déguerpissement lancée par les autorités guinéennes pour libérer les emprises routières et réorganiser l’espace urbain suscite de vives réactions dans les périphéries de Conakry. À Dubréka et Coyah, plusieurs citoyens dénoncent des destructions qui, selon eux, dépassent le cadre initial de l’opération.
La campagne de déguerpissement engagée en Guinée pour libérer les emprises routières et assainir l’espace urbain semble provoquer des tensions dans certaines localités de la périphérie de Conakry, notamment à Dubréka et Coyah. Sur place, la frustration est palpable chez de nombreux habitants qui dénoncent ce qu’ils considèrent comme des excès dans la mise en œuvre de l’opération.
À l’origine, cette campagne vise principalement à débarrasser les routes et les ruelles des encombrants physiques, tels que les étals et marchés de fortune, afin de faciliter la circulation des véhicules et des piétons. Elle poursuit également plusieurs objectifs : rétablir la fonctionnalité des infrastructures routières, préserver les réserves foncières contre l’occupation anarchique des espaces publics et renforcer la sécurité en réduisant les risques d’accidents et de troubles à l’ordre public.
Les autorités présentent également cette initiative comme une mesure de réorganisation de l’espace urbain et de renforcement de la culture citoyenne en matière d’occupation du domaine public. Toutefois, certains observateurs estiment que ces opérations devraient s’accompagner de solutions alternatives pour les personnes affectées, afin d’éviter d’aggraver les difficultés sociales.
À Dubréka et à Coyah, plusieurs habitants affirment que certaines interventions vont au-delà de la libération des emprises routières. Selon eux, des installations situées loin des routes principales et des ruelles seraient également détruites. Des petits commerces et cabarets servant de moyens de subsistance à de nombreuses familles seraient ainsi touchés, alors qu’ils ne constitueraient pas forcément un obstacle à la circulation ou à l’écoulement des eaux.

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Certains citoyens rapportent également avoir reçu des avertissements indiquant qu’aucun cabaret ne devrait être toléré dans certains quartiers. Une approche que plusieurs habitants jugent excessive et éloignée de l’objectif initial de la campagne de déguerpissement.
Pour de nombreux observateurs, les installations qui n’encombrent pas les routes, n’entravent pas la circulation et ne bloquent pas les caniveaux devraient être épargnées, dans la mesure où elles permettent à des citoyens de mener de petites activités génératrices de revenus pour subvenir aux besoins de leurs familles.
Dans ce contexte, certains appellent les autorités à mener cette opération avec davantage de discernement afin d’éviter de pénaliser inutilement les populations les plus vulnérables.
Par ailleurs, plusieurs citoyens reconnaissent que le développement d’un pays passe inévitablement par la modernisation de ses villes et de ses infrastructures. Avec le temps et l’évolution urbaine, estiment-ils, les quartiers pourraient progressivement se transformer et certaines activités informelles disparaître naturellement.
Beaucoup disent également garder espoir dans la vision de modernisation et de développement portée par le président Mamadi Doumbouya, convaincus que ces réformes, menées avec équilibre et sens social, pourraient contribuer à la transformation durable de la Guinée.
Par Alhassane Camara, Vice-président du Mouvement Soguè Nènè