Depuis plusieurs années, les abonnés guinéens de la téléphonie mobile vivent un véritable calvaire numérique. En tête des griefs : Orange Guinée, accusée par une large frange de sa clientèle de pratiques abusives, assimilables à une arnaque à grande échelle, sous le regard passif voire complice de l’État.
Des passes Internet fantômes
Le scandale est désormais public et quotidien. Les consommateurs achètent des passes Internet hebdomadaires qui, dans la réalité, n’excèdent même pas deux jours d’utilisation. Pire encore, des notifications automatiques préviennent l’abonné que son pass « arrive à expiration dans quelques minutes », alors que les données promises n’ont jamais été réellement consommées.
Le constat est encore plus alarmant pour les passes mensuelles. Atteindre une semaine complète d’utilisation relève du miracle. Comme le disent amèrement certains usagers : « Si ton pass d’un mois arrive à une semaine, c’est que Dieu t’a vraiment aidé ».
Un enrichissement illicite au détriment des citoyens
Ces pratiques répétées posent une question fondamentale : où va l’argent des consommateurs ?
Ce système ressemble de plus en plus à un enrichissement illicite organisé, reposant sur l’opacité, l’absence de contrôle rigoureux et le silence assourdissant des autorités de régulation.
Pendant que les citoyens se saignent pour rester connectés, la qualité du service, elle, ne cesse de se dégrader. Débits instables, interruptions fréquentes, consommation anormalement rapide des données : tout concourt à faire de l’Internet un luxe précaire en Guinée.
L’Internet n’est plus un luxe, c’est une nécessité
En 2026, l’Internet est une denrée essentielle, au même titre que l’eau ou l’électricité. Il conditionne l’accès à l’éducation, à l’information, à l’emploi, à l’innovation et à la participation citoyenne.
Un peuple privé d’Internet est un peuple condamné à vivre au Moyen Âge, coupé du monde et du progrès.

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Tolérer de telles pratiques, c’est handicaper volontairement la jeunesse guinéenne, les entrepreneurs, les journalistes, les étudiants et l’ensemble des citoyens.
La responsabilité de l’État est engagée
L’État guinéen ne peut plus se contenter de déclarations de façade. Il doit prendre des mesures idoines, sévères et immédiates contre toute entreprise qui bafoue les droits des consommateurs.
À défaut, une question dérangeante s’impose : l’État est-il complice de cette pourriture déguisée en société de téléphonie mobile ?
Des audits indépendants, des sanctions financières exemplaires, voire la suspension de certains services doivent être envisagés sans complaisance.
Il est très urgent d’instaurer une vraie concurrence.
La Guinée a un besoin vital d’un concurrent direct et sérieux capable de mettre une pression réelle sur Orange Guinée.
Sans concurrence, il n’y a ni amélioration des services, ni respect du consommateur. Le monopole déguisé est un poison pour l’économie numérique du pays.
Le silence n’est plus une option. Les abus d’Orange Guinée doivent cesser.
L’État doit choisir son camp : celui des citoyens ou celui des prédateurs économiques.
L’accès à un Internet fiable, honnête et abordable est un droit, pas une faveur.
Avec Mohamed Koket Camara depuis Paris