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Crise dans le secteur de l’enseignement : Ça négocie dans les couloirs, ça réprime dans les quartiers.

Une semaine entière de chaos. Un mort. Des blessés. Des adolescents kidnappés, embarqués comme des criminels pour avoir réclamé le droit élémentaire d’entrer en classe. Des élèves terrorisés dans les ruelles, pendant que la centrale syndicale annonce dans l’incompréhension totale la fin d’une grève qui a coûté la vie à Kadiatou SOUMAH, symbole brisé d’une République qui ne protège plus ses enfants.

Et au milieu de cette tragédie, le pouvoir joue à un autre jeu : se sauver lui-même.

Car pendant que l’école suffoque, l’État trouve soudain 16 milliards GNF pour arroser les candidats du parjure.
Deux milliards chacun.
Un pactole emballé dans le ruban de la “préparation électorale”, comme si la démocratie pouvait fleurir sur le cadavre d’une génération abandonnée.

16 milliards GNF.De quoi payer presque un mois de salaire aux 10 000 enseignants qui tiennent encore l’éducation nationale à bout de bras.
Un montant arraché à la bouche de l’école guinéenne pour acheter des applaudissements d’une élection déjà souillée par le sang, la peur et la répression.

Un pouvoir qui prétend crouler sous les excédents peine pourtant à payer les 210 milliards GNF nécessaires au salaire des enseignants en service. Pendant ce temps, les cinq conteneurs de billets fraîchement importés représentent à eux seuls plusieurs fois la masse salariale annuelle du corps enseignant.

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Et pendant que l’école suffoque, les jets privés, les fêtes, les opérations d’image et les cérémonies inventées engloutissent tranquillement ce qu’un pays digne aurait investi dans l’éducation de ses enfants.

Comme si la calamité ne suffisait pas, voilà que les 16 milliards GNF offerts aux candidats s’ajoutent à l’obscénité générale, une gifle de plus sur le visage déjà meurtri de l’école guinéenne.
Pendant que les maîtres attendent, que les enfants marchent pieds nus vers des classes qui ne s’ouvrent plus, le putschiste trouve toujours des milliards pour huiler sa survie politique.

Jamais pour l’avenir des enfants. Jamais pour la République. Une nation qui humilie ses enseignants ne produit pas de lumière. Elle enfante des ténèbres, et les hommes qui prospèrent dans ces ténèbres.

La question n’est plus de comprendre comment nous avons glissé. La question est de savoir jusqu’à quand nous allons accepter de tomber, en plein jour, sous les applaudissements achetés d’une tragédie nationale.

Au nom de Kadiatou Soumah, tombée pour l’école, personne n’a le droit de céder.
Pas de compromission.
Pas de pots-de-vin.
Pas d’accord tant que les élèves arrêtés ne sont pas libres.

Par le chasseur de vérité 

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