La chasse aux putschistes – Après le Bénin, les regards se tournent vers Conakry, enlisé dans la mutation grotesque d’un putschiste à bout de souffle.
L’Afrique retombe dans la spirale ancienne des armes qui décident à la place des urnes. Une kalashcratie renaissante, portée par des individus incultes, sans formation internationale, sans culture administrative, qui s’emparent du pouvoir au nom d’un pseudo-destin révolutionnaire. Ils révoquent des gouvernements élus au profit d’un brouillard idéologique où se mêlent complotisme rudimentaire, populisme bruyant et un panafricanisme mal digéré qui sert davantage de paravent que de vision.
Partout, la mise en scène se répète : des militaires en déroute face à leurs propres responsabilités, cherchant refuge dans les prérogatives civiles qu’ils ne comprennent pas, s’improvisant économistes, moralistes, sauveurs et prophètes, alors qu’ils ne maîtrisent ni l’art de gouverner ni la rigueur institutionnelle. Ils s’installent, confisquent, prolongent, manipulent et justifient leur présence par un narratif nationaliste bricolé, où la pauvreté devient une excuse et la souveraineté un slogan.
Mais quelque chose change. L’échec retentissant de plusieurs putschs ouest-africains, minés par l’avidité du pouvoir et l’incapacité à transformer la gesticulation en gouvernance, a fini par réveiller les consciences. Les populations, longtemps aveuglées par la rhétorique de libération fabriquée dans les casernes, commencent enfin à discerner la supercherie : ce ne sont pas des révolutionnaires, mais des imposteurs ; ce ne sont pas des réformateurs, mais des chercheurs de pouvoir ; ce ne sont pas des patriotes, mais des prédateurs.

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Le cas du Bénin, ce dimanche, en est la démonstration éclatante. Le peuple béninois, lucide, organisé, déterminé, a balayé d’un revers de dignité les déchets d’une tentative putschiste qui croyait pouvoir s’installer dans le chaos. Le message est clair : la place du militaire est dans la caserne, pas sur le trône. Les anti-institutions ont reçu leur rappel à l’ordre, et les apprentis putschistes de la région savent désormais que le vent tourne.
Et ce vent, justement, souffle vers Conakry. Là où le putschiste local, après avoir piétiné toutes ses promesses, s’est enfoncé dans une boulimie de pouvoir qui dépasse même les caricatures du continent. Là où les illusions qu’il vendait se sont consumées, laissant apparaître un régime sans cap, sans projet, sans morale et sans légitimité. Là où le peuple, désormais, a déjà brisé le masque, ne croyant plus à cette fausse épopée militaire fabriquée pour couvrir un appétit insatiable.
Tout porte à croire que la chasse aux putschistes rôde autour de la Guinée. Les peuples commencent à comprendre. Les militaires ne peuvent plus se cacher derrière la rhétorique. La patience n’est plus un refuge. Et les saisons du mensonge arrivent toujours à leur fin.
Avec Siba Béavogui