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Paul Kagamé, l’ombre du destin funèbre du 22 novembre 1970

Operation « Mar Verde » Is Back

Les mercenaires portugais ont trouvé leur Tombo en Guinée, et ce n’est pas Kigali qui résistera.

La Guinée n’est pas un territoire : c’est un tombo ouvert, une gueule béante d’histoire qui avale les agresseurs, broie les puissants, redresse les orgueilleux et renvoie les conquérants à la poussière. Dieu a forgé ce pays comme une enclume sur laquelle se brisent les ambitions des dominateurs. Les colons français y ont laissé leurs illusions, les apprentis dictateurs du continent y ont perdu leurs certitudes, de l’Angola à l’Afrique du Sud en passant par la Guinée-Bissau, chaque force qui a sous-estimé la Guinée s’y est brûlé les ailes. Pour la dignité et la liberté, notre peuple n’a jamais ployé : même Charles Taylor, le chef de guerre qui incendiait trois pays à la fois, a fini agenouillé ici, sur cette terre qu’il croyait pouvoir intimider.

Un 22 novembre comme aujourd’hui, les mercenaires portugais ont tenté d’engloutir nos côtes. Ils ont trouvé la mort, la déroute, et la vérité : la liberté est le code génétique de la Guinée. Elle ne se négocie pas. Elle ne se sous-traite pas. Elle se défend, bec et serres.

C’est dans cette mémoire que Paul Kagamé devrait se regarder. Car depuis deux ans, sans l’avouer, Kigali a incrusté dans l’ombre guinéenne des unités camouflées, enrôlées dans la géométrie trouble des opérations secrètes du CNRD. Tout est parti de la débâcle de Coronthie : le jour où Doumbouya a compris, dans la stupeur, que même sa ligne blindée, même ses meilleurs hommes, même son orgueil d’officier, ne suffisaient pas face aux Invisibles. Ce fut sa révélation et sa terreur. Dans sa tête tordue, une conclusion : si les Invisibles brisent le pont 8 Novembre, ils briseront le bunker, et s’il tombe, tout son château de mensonges s’écroule. Alors il a appelé ceux qu’il croyait plus redoutables que ses propres hommes.

Les ex-rebelles rwandais intégrés sous couvert de coopération sécuritaire sont opérationnels en Guinée depuis deux ans. En coulisses, les éclaireurs de l’unité Cobra, bras long de Tango, l’aide de camp le plus loyal du système. Ils ont été entraînés dans les forêts noires du Rwanda, envoyés dans nos montagnes, infiltrés dans nos pistes sacrées, lancés dans des opérations coordonnées en Guinée forestière. Et chaque fois qu’ils ont croisé le chef des Invisibles, le verdict a été le même : élimination nette. Pas une seule victoire. Pas une seule prise. Pas un seul retour propre.

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La vérité est crue : Kigali, Moscou, Bucarest et quelques ombres des ex-URSS ont déposé en Guinée près de 700 hommes renforcés par 200 ex-légionnaires. Deux ans d’opérations clandestines. Zéro succès. Car la Guinée ne se conquiert pas. Elle se lit, elle se respecte, elle se traverse avec humilité ou elle vous enterre.

Et c’est maintenant que tout bascule. Les Invisibles ont reçu un ordre simple : ne plus éliminer les mercenaires rwandais. Les capturer. Les livrer vivants à la documentation internationale. Constituer le dossier qui, demain, ouvrira un cas sans précédent aux Nations unies : l’ingérence militaire clandestine du Rwanda à l’Ouest du continent. Ce dossier, une fois consolidé, deviendra la légitimité de l’armée guinéenne pour exiger réparation, restitutions, et si nécessaire, engager une opération extérieure pour récupérer l’or, les dividendes et les concessions prélevées dans le désastre de notre patrimoine minier.

Car le drame rwandais ne s’arrête plus à la région des Grands Lacs. Il s’étend. Il dévore. Il franchit les frontières, comme un venin qui cherche de nouveaux corps. Il faut une réponse continentale.

La dynamique congolaise a secoué la paralysie africaine : la Guinée doit s’y joindre. L’ONU doit être forcée à se tenir debout. Les crimes de Kagame ne sont plus un secret pour personne, ils sont désormais un problème de sécurité régionale. L’impérialisme africano-africain doit cesser.

Paul Kagamé ferait bien de relire l’histoire militaire de la Guinée, cette histoire où les plus téméraires ont cru pouvoir dompter un peuple indomptable. Le karma aveugle toujours l’homme que le pouvoir enivre. Il le pousse à sa chute. La Guinée a perdu des batailles, oui, mais elle n’a jamais perdu une guerre. Elle s’incline, puis elle se redresse, et quand elle se redresse, les empires tombent.

Que Paul Kagamé entende ceci : la Guinée est un tombo ouvert. Tous ceux qui ont cru y planter leur drapeau y ont laissé leur tombe.

Et l’histoire s’apprête à se répéter.

Par SIBA BÉAVOGUI

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