Les infos à la source

Insécurité à Conakry : la famille du journaliste Ibrahima Sory Bangoura (Azözöye) de nouveau ciblée par des menaces anonymes

Ces derniers mois, Conakry comme plusieurs villes de l’intérieur du pays, connaît une montée inquiétante de l’insécurité : attaques nocturnes, arrestations arbitraires, disparitions d’activistes, enlèvements de journalistes et fermetures de médias. Un climat de peur s’installe peu à peu dans les foyers guinéens.

Dans la nuit du dimanche 21 septembre 2025, la famille du journaliste Ibrahima Sory Bangoura, plus connu sous le nom d’Azözöye, a été la cible d’une attaque à Lansanaya Barrage, dans la haute banlieue de Conakry.

Selon Madame Bangoura, née Tenin Mara, les faits se sont produits entre 3 h et 4 h du matin. « Des individus encagoulés, certains vêtus de tenues militaires, ont fait irruption dans notre concession », témoigne-t-elle. L’irruption soudaine a semé la panique dans la maison.

« Ils ont frappé violemment à la porte. Par peur, je n’ai pas ouvert. J’ai marché sur la pointe des pieds jusqu’à la fenêtre pour voir qui frappait ainsi à cette heure », raconte Mme Bangoura.

Rapidement, elle a réveillé ses enfants, les a cachés dans la douche et éteint les lumières pour éviter d’être repérés. À travers la fenêtre, elle a aperçu sept individus armés, certains en tenue militaire, d’autres masqués. Le quartier a été plongé dans la peur et le silence.

Trois jours plus tard, Mme Bangoura a reçu un appel anonyme provenant d’un numéro masqué. Après avoir hésité, elle a fini par décrocher : « C’est toi la femme du journaliste Ibrahima Sory Bangoura Azözöye ? C’est juste un avertissement : si ton mari ne cesse pas de critiquer Mamadi Doumbouya et certains membres du gouvernement, vous allez en subir les conséquences. En bon entendeur, salut », a lancé la voix avant de raccrocher.

- Advertisement -

- Advertisement -

Sous le choc, Mme Bangoura a tenté de joindre son mari, sans succès dans un premier temps. Ce n’est qu’en soirée, vers 19 h, qu’elle a pu l’informer de la menace.

Il convient de rappeler qu’en février 2024, à Faranah, une région forestière de la Guinée, la fille aînée de M. Bangoura, Condette Bangoura, avait déjà été victime d’une tentative de viol. Selon la famille, seule la vigilance des voisins a permis d’éviter le pire ce jour-là. Cet épisode tragique, resté sans suite judiciaire, avait déjà profondément marqué la famille.

Aujourd’hui, la famille de M. Ibrahima Sory Bangoura vive dans la crainte d’une nouvelle attaque. La répétition de ces incidents fait craindre un harcèlement ciblé lié à son engagement journalistique et à ses prises de position critiques à l’égard du pouvoir en place.

La famille Bangoura, profondément traumatisée, interpelle la communauté nationale et internationale sur la nécessité d’assurer la sécurité des citoyens, en particulier celle des journalistes et de leurs proches.

Affaire à suivre…

Abdoulaye Zenab Sow

A lire aussi