Ils se présentent en éclaireurs de la vérité, mais ne sont que les derniers acteurs d’une vieille pièce écrite dans les coulisses de la Françafrique.
Lamine, maquilleur de mots sous couvert de « franc-parler », et Robert, héritier bancal d’une dynastie nourrie au sang des révolutions africaines, prétendent donner des leçons à un continent qu’ils ont contribué à enchaîner.
L’histoire de Robert est indissociable de celle de son père, compagnon de route de Jacques Foccart, architecte du néocolonialisme qui a étouffé Lumumba, trahi Olympio et miné chaque tentative de souveraineté. Quant à Lamine, il recycle cette imposture sur ses plateaux, transformant le micro en caisse de résonance des vieilles chaînes coloniales.
Ce procès symbolique n’est pas une vengeance : c’est une mise à nu. Car derrière leurs discours se cachent des décennies d’escroqueries politiques, de compromissions diplomatiques et de mendicité institutionnelle.
Le peuple africain, lassé des faux prophètes et des orphelins de territoire, ouvre enfin les yeux : le spectacle est terminé, les charognards sont démasqués. Et enfin place au tribunal du peuple.
L’Audience solennelle
Clameur dans la salle. Le tam-tam de la vérité résonne, convoquant les témoins du passé et les victimes du présent. Aujourd’hui, le tribunal des peuples africains ouvre son audience solennelle. À la barre : Lamine, imposteur bavard sous le masque de “Franc Parler”, et Robert, héritier déguisé en mendiant, fils d’un empire de prédation.
Le Président du Tribunal, une vieille voix sortie des entrailles de l’Afrique, proclame :
Accusés, levez-vous ! Vous êtes traduits devant cette cour pour complicité de crimes contre l’Histoire, pour escroquerie morale et pour falsification de la mémoire africaine.
Chefs d’accusation
Premier chef d’accusation : l’héritage maudit.
Ton père, Robert, fut le complice de Jacques Foccart, le grand ordonnateur de la Françafrique, le bourreau qui a étranglé Lumumba, renversé Olympio, humilié Sankara et semé la peur jusque dans les veines des révolutions africaines. C’est au prix du sang des patriotes que ta famille a conquis sa richesse.
Deuxième chef d’accusation : l’orphelin nourri au lait du pillage. Robert, toi qui te prétends sans patrie, tu fus adopté, nourri et engraissé par les deniers de nos pauvres contribuables. Tu as grandi sous le toit de la mendicité politique, entouré de valises de billets que tes parrains piochaient dans les caisses africaines. Tu es comptable du retard de nos écoles, de la ruine de nos hôpitaux, de l’exil forcé de nos enfants.
Troisième chef d’accusation : la supercherie des mots. Et toi, Lamine, imposteur des ondes, vendeur de poudre de perlimpinpin, tu as fait de “Franc Parler” un marché de dupes. Là où nous attendions un cri de révolte, tu as offert un micro à l’héritier du néocolonialisme. Ton plateau est devenu un cimetière où les mots creux dansent sur les tombes des martyrs africains.
Les Témoins de l’Histoire

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La voix de Lumumba s’élève, grave et ferme : J’ai été abattu parce que je croyais en une Afrique souveraine. Robert, ton père a applaudi à ma mort. Aujourd’hui, ton silence pèse autant que sa complicité.
Olympio s’avance, silhouette fragile mais regard incandescent : On m’a fauché au petit matin pour préserver les intérêts de Paris. Les mains de vos parrains portaient encore l’encre de mon assassinat. Comment oses-tu, Robert, parler de souveraineté quand ton héritage est un cimetière ?
Puis Sankara, voix de tonnerre, tranche le silence : On m’a trahi par mes frères, armés et conseillés par vos réseaux. Et toi, Lamine, tu oses donner ton micro aux fils de mes bourreaux ! Sache-le : la vérité finit toujours par triompher du mensonge.
Soudain, la silhouette d’Alpha Condé surgit dans la salle, le doigt levé, ironique et amer :
Vous dénoncez mon troisième mandat, mais vous encouragez le quatrième mandat de mon voisin, au point de magnifier vos liens avec son épouse ! Quelle hypocrisie ! Ah, la vie ! Vous êtes les marchands d’un double langage, les avocats d’une démocratie sélective !
Plaidoirie du Procureur
Le procureur se lève.
Messieurs les juges, voyez la supercherie ! Voyez comment ces deux hommes manipulent nos blessures pour mieux nous voler nos colères. Robert n’est pas un témoin neutre, mais un acteur de notre effondrement. Lamine n’est pas un journaliste, mais un marchand d’illusions. L’un a hérité des crimes, l’autre les recycle à l’écran.
Le Verdict et le Rituel
La salle gronde, des voix s’élèvent :
Justice ! Justice pour l’Afrique !
Le Président du Tribunal prononce :
Le tribunal des peuples africains déclare Lamine et Robert coupables d’usurpation de mémoire, d’escroquerie politique et de complicité morale avec les assassins de la souveraineté africaine.
Le chœur du peuple se lève, les tambours résonnent :
Plus jamais ça ! Plus jamais ça !
Le peuple ne demande pas vos excuses. Le peuple n’attend pas vos larmes. Le peuple vous condamne à être démasqués, à être livrés à la vérité nue. Car la honte, la véritable honte, est la seule prison dont vous ne sortirez jamais.
Rideau.
Le tam-tam se tait. Mais dans les consciences africaines, l’écho du verdict restera à jamais gravé.
Par Beavogui Siba