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Bataille de l’honneur – Doumbouya vs Verni

Entre bombarder les civils et affronter à l’ancienne Verni, Doumbouya choisit le symbole de la ruine. 

Quand l’artillerie devient un outil stratégique défectueux.

Le général aux pieds d’argile recule devant l’épreuve du feu. Incapable d’affronter à armes égales les « commandos invisibles » de Verni Pivi, Mamadi Doumbouya se réfugie derrière le vacarme des canons plutôt que d’assumer le combat loyal. Il fuit l’arène militaire, celle où seuls les hommes dignes s’affrontent à découvert, et préfère exposer des milliers de civils aux salves aveugles de son artillerie.

Une ville piégée par les obus

Conakry n’est pas un champ de tir. C’est une cité enclavée, faite de ruelles imbriquées, de maisons serrées, de routes étroites. Aucune précision, aucun missile ne peut dompter un tel décor. Chaque salve ignore l’ennemi et s’abat sur l’innocent. Chaque nuit, le ciel s’embrase, les murs vibrent, et les obus frappent plus les foyers que les combattants.

Ce qui devait être une stratégie de défense se mue en machine à broyer la ville. L’artillerie lourde, dernier recours d’un pouvoir aux abois, devient un boomerang meurtrier : elle frappe tout, sauf sa cible réelle.

Les soldats pris à leur propre piège

« Quand on tire, on détruit les routes qu’on doit emprunter », confie, presque honteux, un soldat des Forces spéciales rencontré dans une ruelle de Kaloum. « Parfois, on ne pourra même plus avancer. On piétine dans nos propres ruines. »
Chaque explosion crée des gravats, bloque les blindés, coupe les voies de retraite. L’arme censée défendre enferme ses propres troupes dans un piège de poussière et de feu.

Les civils risquent d’être plongés dans l’enfer

Les hôpitaux pourraient déborder, les marchés se transformer en cratères. Les quartiers entiers risquent de se vider. Des familles entassées sur des charrettes fuiraient vers des banlieues déjà saturées. L’exode deviendrait une marée humaine, chaque départ résonnant comme un aveu d’impuissance.

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Le spectre du crime de guerre

Le droit international est formel : bombarder une ville sans distinguer civils et combattants constitue un crime de guerre. Les images seront insupportables: immeubles effondrés, blessés hurlant sous les décombres, files interminables de déplacés sur les routes. « Chaque photo sera une balle diplomatique », commente un analyste étranger. « Le régime s’enferme dans un isolement dont il ne sortira pas indemne. »

La haine risque de grandir dans les ruines

Si l’artillerie est activée , la résistance pourrait s’endurcir. « Si ma maison venait à être détruite, je perdrais tout », redoute un jeune déplacé. « Alors, je n’aurais plus peur. »
Chaque obus risquerait de transformer un civil en recrue pour l’armée du peuple. Chaque cadavre enseveli pourrait devenir une raison supplémentaire de se battre. Dans les ruines, les commandos invisibles trouveraient non seulement des abris, mais aussi, tôt ou tard, des alliés.

Une autodestruction annoncée

L’histoire militaire est implacable : jamais l’artillerie urbaine n’a protégé un pouvoir illégitime. Elle fabrique des ruines, des martyrs, et une haine qui finit toujours par engloutir celui qui la déclenche.

Conakry gémit sous les déflagrations. Mais derrière le fracas, une vérité s’impose : aucun canon ne protège un tyran. Les missiles creusent autant de fosses pour les innocents que pour ceux qui les tirent.

Deux options pour le putschiste

Le parjure d’un dictateur a toujours un prix : celui d’un terrorisme d’État abreuvé du sang des innocents. Pour que Doumbouya s’érige en président, il lui faut détruire des vies, briser des rêves, ruiner un pays et soumettre pour gouverner. Avec la complicité de ses alliés civils, il a choisi d’allumer l’incendie qui consume aujourd’hui la Guinée. Mais il doit avoir le courage d’affronter son destin sans entraîner les civils dans sa folie. Celui qui règne par la force ne doit pas craindre la mort. Doumbouya doit accepter de faire face à son propre démon, en cessant de fuir derrière l’artillerie et en réduisant les angles de son mensonge.

Désormais, Doumbouya n’a plus que deux chemins : quitter le pouvoir, ou accepter le combat frontal, « à l’ancienne », contre Verni Pivi. Un duel d’honneur pour épargner les civils, au lieu de transformer la capitale en cimetière collectif.

Par Siba Beavogui 

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