« Le courage, ce n’est pas d’admirer le pouvoir, c’est de lui rappeler la loi. »
Quand un citoyen prétend que Mamadi Doumbouya est « légitime » à se présenter à l’élection présidentielle, il faut lui rappeler ceci : la légitimité ne viole pas la légalité. Et la légalité dit clairement que le chef d’une junte ne peut se présenter à l’issue d’une transition militaire.
1. Illégalité constitutionnelle flagrante
L’Article 77 de la Charte de la transition, adoptée par le CNRD lui-même, stipule :
« Les membres du CNRD, du gouvernement de transition et du CNT ne peuvent être candidats à une élection présidentielle, législative ou locale à l’issue de la transition. »
C’est clair. Ce texte a été signé, promulgué et utilisé comme fondement de la transition. Le violer revient à piétiner sa propre parole, trahir la Nation et ouvrir la porte à l’instabilité.
2. Un général putschiste ne peut être juge et partie
En renversant un président élu, Mamadi Doumbouya a juré qu’il ne serait pas candidat. Il a pris un engagement devant le peuple et la communauté internationale. Aujourd’hui, ceux qui lui demandent de se présenter sont soit amnésiques, soit complices d’un reniement historique.
Un putschiste candidat, c’est la mort de toute transition. C’est l’institutionnalisation du coup d’État comme mode d’accession au pouvoir.
3. Un bilan gonflé, des chiffres truqués
Ils parlent d’un « bâtisseur infatigable »… Où sont les preuves ?
• Dette publique : Elle est passée de 4,9 milliards USD en 2021 à plus de 7,2 milliards USD fin 2024 (Banque mondiale). Où sont les infrastructures durables ?
• Chômage des jeunes : Toujours supérieur à 60 % selon les chiffres croisés du BIT et d’Afrobaromètre.
• Projet Simandou 2040 : Un chantier de propagande. Aucun mètre de rail n’a été livré. La compagnie chinoise COSCO a été accusée de fraude dans le processus d’attribution.
• Fonction publique : Les 20 000 agents intégrés ? Des recrutements clientélistes, sans concours, sans besoin réel, ni transparence.
4. Où est la justice ? Où est la dignité ?

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Les mères du 28 septembre attendent justice depuis 15 ans. Et pendant ce temps :
• Les bourreaux sont libérés (grâce présidentielle à Dadis Camara).
• Les journalistes sont poursuivis, torturés, exilés.
• Les manifestations interdites.
• L’internet coupé, les médias bâillonnés.
Est-ce cela, le visage du progrès ?
5. Le peuple veut voter, pas obéir
Ils tentent de faire croire que les Guinéens préfèrent le développement à la démocratie. Mais sans alternance, sans institutions, sans élections libres… quel développement est possible ?
Le développement sans démocratie est un château de sable. Il s’effondre au premier abus, au premier désordre, à la première révolte.
6. Le mensonge ne durera pas
La propagande est forte, mais l’histoire est plus forte encore.
Mamadi Doumbouya n’est pas un candidat légitime, il est un officier devenu chef d’État par les armes, qui n’a pas le droit de se présenter.
« L’homme fort n’est pas celui qui construit en silence, c’est celui qui respecte la règle quand elle ne l’arrange plus. »
Ils ont peut-être vendu le silence pour une place. Mais la Guinée n’est pas à vendre.
Et nous, enfants du peuple, ne laisserons pas un putschiste réécrire nos lois pour rester au pouvoir.
La vérité est simple : DOUMBOUYA NE PEUT PAS SE PRÉSENTER. POINT.
Par Siba Beavogui – Pour la mémoire du peuple