Les infos à la source

Le club AS Kaloum vendu à Bouba Dina Sampil ? « C’est archi-faux… ! » Baidy Aribot parle sans filtre

La question liée à la paternité de l’Association Sportive de Kaloum, club de ligue 1 en Guinée, alimente les débats depuis plusieurs années.

Tout le monde en fait son chou gras, et chacun y va de son commentaire. Conséquence, l’écrasante majorité des supporters reste confuse sur la question.

Pour éclairer la lanterne de l’opinion, le prédécesseur de monsieur Bouba Dinah Sampil considéré présentement comme étant propriétaire légal du club, sort de sa tanière.

Monsieur Baidy Aribot accusé à tort ou à raison sur la question liée à la vente de ce club mythique, est enfin sorti de son mutisme à l’effet de mettre les points sur les i.

Dans une interview sans filtre accordée à la rédaction de nos confrères le Fouineur, l’ancien président de l’AS Kaloum a ouvert son cœur et il n’est pas parti du dos de la cuillère pour s’exprimer sans concessions sur ce dossier polémique. Lisez !

Dans quelles conditions avez-vous cédé l’AS Kaloum à monsieur Bouba Sampil ?

Après le départ de monsieur Titi Camara, j’ai accepté de reprendre le club suite aux incessantes doléances des supports, puisque le club était sans président à l’époque. Après moult réflexions, étant fils de Kaloum et ancien joueur de ce grand club, j’ai finalement accepté les doléances de mes frères de Kaloum. Avec un budget modeste on a fait du chemin couronné par de très belles aventures durant plusieurs années. Quelques années après, à ma grande surprise, les mêmes supporters sont revenus pour me sommer de céder le club puisqu’ils ont eu un autre preneur qui leur a fait des promesses. Et lorsque j’ai accepté de céder le club, il n’était pas dans une situation difficile. Nous étions bien placés dans le championnat. Mais j’ai accepté de céder le club pour deux raisons : la première raison, sous la pression des mêmes supporters et des membres de mon bureau j’ai accepté de céder. Car ils m’ont parlé d’un projet qui leur a été miroité par mon successeur, Bouba Sampil, qui promettait des merveilles. Et ce projet miroité a emballé tout le monde : supporters, dirigeants… J’ai alors constaté la trahison de certaines personnes autour de moi. La deuxième raison, vu que j’entrais en campagne pour les élections législatives de 2013, cela a été une source de motivation pour moi de partir. De toute façon, assurer la présidence du club était incompatible avec ma volonté de devenir député de Kaloum à l’époque. J’ai alors convoqué une réunion au stade de la Mission et je leur ai rendu compte de la proposition de mon entourage, et la décision de me voir partir dépendait de leur volonté. Ainsi, ils ont préféré que je passe le témoin à leur nouveau choix qui était Bouba Sampil, et c’est ce que j’ai fait aussitôt. Mais je tiens à être clair. Il n’y a eu aucune contrepartie entre moi et qui que ce soit. Je n’ai reçu aucun franc dans cette affaire. Au contraire, on me doit de l’argent, même si je ne le réclame pas. J’ai investi énormément dans le club. AKB en est un témoin oculaire. Nous avons financé des projets, envoyé des joueurs en essai en Europe, mais cela n’a rien donné. Trois joueurs sont partis en test, mais n’ont pas été retenus et ont fini par disparaître. Il n’y avait aucune source de revenus pour le club à l’époque. J’étais l’unique bailleur. Je suis venu pour aider l’AS Kaloum, mais face à cette situation, j’ai préféré céder ma place.

Pourtant plusieurs supporters vous accusent d’ avoir vendu le club à Bouba Sampil à hauteur de 600 millions ?

Mais d’où sort ce montant ? Qu’ils me montrent une preuve qui prouve que j’ai reçu de l’argent ! Si quelqu’un affirme que j’ai reçu de l’argent pour l’AS Kaloum, qu’il le prouve ! Je mets quiconque au défi de présenter un document prouvant que j’ai touché de l’argent. Il n’existe aucun papier entre moi et qui que ce soit.Si la commune ou d’autres personnes ont conclu un accord avec l’actuelle direction du club, qu’ils montrent les documents ! Mais s’ils veulent aller plus loin, nous pouvons régler cela devant un tribunal. Il n’y a rien, je le répète, rien entre moi et Bouba Sampil. D’ailleurs Comment peut-on dire que j’ai vendu l’AS Kaloum à 600 millions alors que j’y ai investi des milliards ? C’est absurde ! L’AS Kaloum vaut bien plus que 600 millions ! Rien que les primes des joueurs, le stade de la Mission, le bus du club… tout cela dépasse largement ce montant. Ne minimisez pas ce club !Si on m’avait dit que j’avais reçu 2 milliards, au moins cela aurait eu un sens. Ceux qui colportent ces rumeurs vivent de spéculations et de fausses informations. Si Bouba Sampil prétend m’avoir donné 600 millions, qu’il montre où, quand et comment il me les a remis.

- Advertisement -

- Advertisement -

Bouba Sampil est-il le propriétaire de l’AS Kaloum ?

Non ! C’est du faux et usage de faux. L’AS Kaloum n’appartient à personne. Ce club appartient à la commune de Kaloum et à ses supporters. Peut-être que Bouba Sampil a réussi à obtenir des documents pour transformer juridiquement le club en une entité privée avec un conseil d’administration, mais il n’en est pas le propriétaire. L’AS Kaloum est un club public, et son stade, le stade de la Mission, appartient à l’État. On peut concéder un bail, mais cela ne signifie pas que c’est sa propriété.Le jour où j’ai décidé de quitter l’AS Kaloum, tout le monde était présent. Certains avaient déjà reçu de l’argent et étaient pressés de me voir partir. Des membres de mon propre bureau ont été corrompus. S’ils affirment avoir des documents prouvant une cession, qu’ils les montrent ! Lorsqu’on achète quelque chose, il y a toujours une traçabilité : un chèque, un virement… Mais ici, il n’y a rien. Que ceux qui racontent ces histoires viennent avec des preuves. Donc ce club n’a pas été vendu. Parce qu’il n’est pas une propriété privée. D’ailleurs j’avais quel document en ma possession me permettant de vendre ce club mythique ? Bouba Sampil ne peut pas être propriétaire de l’AS Kaloum, le club ne l’appartient pas. Tous les présidents avant moi ont laissé le club à la commune et aux supporters. C’est à eux d’assurer sa survie et son avenir.

Un retour de monsieur Baidy Aribot à l’AS Kaloum est-il envisageable ?

Oui, bien sûr ! Je suis prêt à aider l’AS Kaloum à se relever. Mais c’est aux supporters de prendre leurs responsabilités. C’est eux qui ont remis le club à Bouba Sampil, et c’est eux qui doivent exiger des comptes.Lorsque j’ai pris la présidence de l’AS Kaloum, ce n’était pas par intérêt personnel, mais par amour pour ce club et pour la commune de Kaloum. J’ai financé le club avec mes propres ressources, et bien plus que 600 millions ! Demandez à AKB, il peut en témoigner.Il est donc important aujourd’hui de confier le club à un dirigeant compétent, capable de lui redonner sa grandeur. L’AS Kaloum est dans mon âme. Sauf que le club est à l’abandon, livré à lui-même. Ça me fait très mal de voir ce club sombrer ainsi.

Quelle analyse faites-vous sur la gestion actuelle du Comité Exécutif de la fédération guinéenne de football avec à sa tête le très controversé président Bouba Sampil ?

C’est la pire fédération de l’histoire de la Guinée. La situation actuelle du football guinéen est catastrophique. Cette fédération est la pire de l’histoire du pays. Le football guinéen est entre les mains de personnes incompétentes, qui ne savent ni structurer ni développer le championnat. Depuis leur arrivée, ils n’ont aucun bilan positif. Zéro résultat.

Quelles solutions préconisez-vous ?

Il faut tout remettre à plat et dégager ces dirigeants. Le football doit être confié à des gestionnaires compétents, capables de mener un projet structuré sur 7 à 8 ans, avec un plan clair pour sur la formation des jeunes, la construction des infrastructures modernes, la professionnalisation des clubs… Avec un tel projet, nous pourrons rapidement atteindre le niveau des pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou encore les pays du Maghreb. La Guinée regorge de jeunes talentueux capables de redresser le football national. Je pense à des personnes comme Almamy de SOAR Académie, Louis Camara, AKB, ou encore des entrepreneurs comme Moustapha Naïté. Il faut des hommes de cette trempe, avec une vision moderne du football. Regardez le président de la CAF : c’est un homme d’affaires qui a réussi et qui comprend les enjeux économiques du football. Aujourd’hui, ce sport est un vecteur d’influence financière et politique. Mais que fait notre fédération ? Elle détourne l’argent de la FIFA, elle manipule les nominations des entraîneurs, elle ne crée aucun projet sérieux pour l’avenir.

Interview réalisée par Joseph Siba Guilavogui

A lire aussi