Un Décret du Général Mamadi Doumbouya est au centre d’une bataille judiciaire à la Cour Suprême, la plus haute institution judiciaire de Guinée.
Au cœur de ce bras de fer, le Décret pris le 16 décembre 2022, par l’actuel chef de la transition guinéenne, rebaptisant l’aéroport international Conakry-Gbessia du nom de feu Ahmed Sékou Touré, père de l’indépendance de la Guinée. Héros pour les uns, tyran pour les autres, le leader du PDG-RDA ne fait toujours pas l’unanimité dans son pays, qu’il a dirigé pendant 26 ans.

« Choqués » par cet acte, les membres de l’Association des victimes du camp Boiro (AVCB) ont saisi la Cour Suprême pour faire annuler le décret qui avait suscité à l’époque énormément de polémiques. Après près de trois ans d’attente, le procès qui devait s’ouvrir ce jeudi 30 mai 2024, a été finalement reporté à la demande de la partie civile. Maître Tall Amadou Baïdy Habib, avocat des victimes du régime de Sékou Touré explique pourquoi il a attaqué le décret du Général Douumbouya à la Cour Suprême.

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Après on a exercé les recours que la loi nous accordait. C’est le recours pour excès de pouvoir qui est dirigé contre ce décret devant la chambre administrative de la cour suprême de Guinée. En ce sens, nous avons introduit une procédure depuis février 2022. De février 2022 à maintenant, je suis allé plusieurs fois devant la cour suprême pour prendre des nouvelles de l’évolution de ce dossier, c’est seulement il y a une dizaine de jours qu’on a reçu un coup de fil du greffe pour nous dire que le dossier passe aujourd’hui. Nous avons demandé un report de deux semaines pour nous permettre d’apporter d’autres preuves« , a-t-il expliqué.

40 ans après sa mort, Ahmed Sékou Touré divise en Guinée. Les victimes de son régime sont en quête de justice et de réhabilitation depuis des lustres, sans obtenir gain de cause. Mais pour eux, c’est un combat mémoriel devant être mené à vie, s’il le faut.
« Le combat de notre génération, c’est celui de défendre la mémoire de ceux qui ont été injustement assassinés et que les différents régimes politiques qui sont venus en Guinée ont été jusque-là incapables de réhabiliter dans le cadre d’une procédure normale. Et par rapport à ça, on se dit que c’est un combat pour la vie, un combat mémoriel. Alors si les magistrats qui sont là aujourd’hui, disent le droit, nous avons de fortes chances de voir prospérer notre demande parce que dans la requête qu’on a présentée, on a décrit depuis les années 54, qui était Sékou Touré ? qu’est-ce qu’il a fait ? Quels sont les crimes qu’il a commis ? Et c’est des crimes qui n’ont épargné aucune couche sociale…Alors c’est à eux de juger cette histoire et demain ce sera à l’histoire de les juger en fonction de ce qu’ils feront aujourd’hui« , a indiqué l’avocat.
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