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FDSI : 37 milliards pour les pauvres, zéro résultat sur le terrain

Malgré un budget annuel de plus de 37 milliards de francs guinéens, le Fonds de développement social et de l’indigence (FDSI) peine à remplir sa mission première : soutenir les plus vulnérables. Sous la direction de Lansana Diawara, l’institution est désormais accusée d’opacité financière, de harcèlement envers ses agents et de gestion arbitraire. Alors que la pauvreté persiste, les promesses de solidarité nationale semblent s’étioler.

Créée pour lutter contre la pauvreté et soutenir les couches les plus vulnérables, la Direction générale du Fonds de développement social et de l’indigence (FDSI), maintenue parmi les Établissements publics à caractère administratif (EPA), est aujourd’hui au cœur de graves accusations. Sous la gestion de Lansana Diawara, l’institution censée incarner la solidarité nationale serait devenue un espace marqué par l’arbitraire, l’opacité financière et des atteintes répétées aux droits des agents publics.

La Direction générale du Fonds de développement social et de l’indigence (FDSI) a été maintenue parmi les Établissements publics à caractère administratif (EPA) guinéens afin de servir d’instrument clé dans la lutte contre la pauvreté et la promotion du développement social, notamment en faveur des indigents et des personnes en situation d’extrême pauvreté.

Cependant, sous la gestion actuelle de Lansana Diawara, le FDSI est accusé d’avoir dévié de sa mission première pour devenir, selon plusieurs témoignages internes, un instrument d’avilissement de la dignité humaine des agents publics qui y travaillent. Ces derniers seraient régulièrement confrontés à des violences verbales, notamment des injures grossières de la part du directeur général, à des faits présumés de harcèlement sexuel, à des blocages injustifiés de salaires, au refus délibéré de paiement de primes de mission, ainsi qu’à des licenciements jugés abusifs.

À cette situation s’ajoute l’absence de statuts et de règlements intérieurs clairs, pourtant indispensables pour offrir un cadre juridique solide à l’existence du FDSI en tant qu’EPA. Ces textes devraient définir l’organigramme, les attributions de chaque poste, ainsi que les limites de responsabilité de chacun. En leur absence, Lansana Diawara est accusé de gérer le FDSI selon sa seule volonté, en violation flagrante du droit positif de la République de Guinée.

La gestion budgétaire du FDSI est également pointée du doigt. Elle serait dépourvue de toute transparence et de toute moralité, en contradiction avec les principes de bonne gouvernance prônés par le Président de la République. Pourtant, l’État guinéen alloue chaque année plus de 37 milliards de francs guinéens à cette direction générale. Malgré ces ressources considérables, aucun projet structurant et générateur de revenus en faveur des indigents ne serait véritablement mis en œuvre.

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La mise en place du Registre social unifié (RSU), outil stratégique destiné à assurer une gestion équitable, transparente et ciblée des aides sociales selon des standards internationaux, est elle aussi vivement critiquée. Selon les accusations, ce registre aurait été élaboré selon la volonté personnelle du directeur général, sans respect des normes requises. Des incohérences majeures y seraient observées, au point que certains ménages recensés disposeraient de ressources suffisantes pour subvenir aux besoins d’un quartier entier de Conakry, ce qui remet en cause la crédibilité du système de ciblage.

Ce système numérique, censé attribuer un score objectif à chaque ménage afin de lutter efficacement contre la pauvreté et la vulnérabilité, apparaît ainsi détourné de sa finalité initiale.

Enfin, de nombreuses voix dénoncent une utilisation du budget du FDSI à des fins personnelles par son directeur général.

Le constat est sans appel : aucun progrès significatif n’a été enregistré dans la lutte contre l’extrême pauvreté en Guinée sous la gestion actuelle. Une question demeure alors sans réponse : quel groupe d’indigents ou de personnes vulnérables est réellement sorti de sa condition grâce à l’action du FDSI sous le règne de Lansana Diawara ?

À ce jour, aucun exemple concret n’est connu.

Par Azözöye Bangoura 

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