Moh Kountingui interpellé pour avoir dénoncé la dérive de Konaté : la preuve que Doumbouya orchestre le chaos et la haine à travers Sékouba Konaté
Moh Kountingui n’a ni appelé à la guerre, ni prêché la haine. Il a simplement osé rappeler que la Guinée ne peut pas se reconstruire sur les braises encore fumantes de la division ethnique. Résultat : il a été arrêté à Kaloum comme un criminel d’État.
Dans un pays normal, on protège ceux qui appellent à l’unité. En Guinée, sous Doumbouya, on les étouffe.
Une arrestation arbitraire après une critique ciblée.
Dans un live Facebook devenu viral, l’activiste autrefois proche de Sékouba Konaté a qualifié la récente sortie médiatique de ce dernier de « sortie ratée », dénonçant sa volonté de réactiver les fractures ethniques comme moyen de reconquête d’influence.
Quelques heures plus tard, des agents en civil surgissent. Selon plusieurs sources, il aurait été interpellé dans la nuit du samedi au dimanche 19 octobre 2025, exfiltré vers un lieu inconnu, avec un probable transfert vers l’île de Kassa devenue cimetière silencieux de la parole dissidente.
Un silence d’État qui dévoile l’architecture du pouvoir.
Aucun motif officiel n’a été communiqué. Mais ce silence accuse. Critiquer Konaté aujourd’hui, c’est toucher l’un des instruments majeurs d’une stratégie de division savamment orchestrée par Mamadi Doumbouya.
Car la mécanique est claire :
Si Konaté multiplie les propos incendiaires sans être inquiété,
Si ses tirades ethno-provoquées circulent librement dans l’espace public,
Si ceux qui appellent à l’apaisement sont immédiatement neutralisés,
c’est que le régime contrôle ce qui doit enflammer la société et ce qui doit être bâillonné. Il choisit ce qui doit pourrir pour mieux justifier la matraque.

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Le parrain de la discorde est libre, celui qui appelle à l’unité est en détention.
Ce cas révèle l’essence de la transition actuelle : un pouvoir qui façonne le chaos pour mieux régner.
Doumbouya laisse prospérer les discours incendiaires de figures discréditées du CNDD dont Konaté afin de détourner le débat national vers des querelles identitaires, pendant que la verticalité autoritaire se consolide dans l’ombre.
Le cas Mariam Konaté, un écran familial agité pour brouiller les pistes.
La prétendue petite sœur de Sékouba Konaté, Mariam Konaté, aurait été brièvement auditionnée puis relâchée. Une mesure cosmétique destinée à faire croire à une enquête globale. Mais la cible principale demeure l’opposant à la narration imposée : on épargne celui qui souffle sur les braises, on isole celui qui tente de les éteindre.
Ce n’est plus seulement Moh qui est détenu, c’est le droit de parler.
Cette affaire dépasse la personne de Moh Kountingui. Elle trace une ligne de fracture entre deux Guinée : celle qui veut dire la vérité et celle qui gouverne par la peur.
Quand un citoyen ne peut plus critiquer un ancien chef de transition ni appeler à la paix sans être kidnappé en pleine nuit, la transition cesse d’être un chemin institutionnel : elle devient un dispositif de répression permanente.
À travers l’arrestation de Moh Kountingui, le message du pouvoir est transparent : Il ne veut pas d’unité, il veut des fractures à exploiter.
Il ne tolère pas la contestation, il exige la récitation. Il ne prépare pas la réconciliation, il prépare l’affrontement.
Chaque arrestation injuste rapproche la Guinée du point de rupture.
Affaire à suivre… mais surtout à retenir.
Par Azözöye Bangoura