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CHINA MALL — le symbole d’un monopole d’État créé pour broyer Madina dans le marasme des exonérations VIP!

Sous les néons flamboyants du nouveau temple du commerce qu’on appelle China Mall, se cache une opération de strangulation économique savamment orchestrée.

Ce centre commercial, présenté comme un « investissement moderne » du régime putschiste, n’est en réalité qu’un instrument de domination économique conçu pour affaiblir le cœur battant du commerce guinéen : Madina.

À première vue, China Mall brille. Mais derrière cette façade de verre, il opère sous un régime d’exonération totale, véritable privilège fiscal accordé à une poignée de partenaires étrangers liés au pouvoir. Ce mall revend des produits venus d’Asie non fabriqués en Guinée  à des prix d’usine défiant toute concurrence.

Résultat : là où un commerçant de Madina vend à 100 %, China Mall vend à 50 %, profitant d’un privilège d’État illégalement protecteur. Le commerce national, lui, suffoque sous les taxes, pendant que les circuits du pouvoir déroulent le tapis rouge à une économie parallèle sous label étranger.

Un monopole chiffré et verrouillé

Selon plusieurs sources économiques, plus de 82 % des produits d’électroménager, d’habillement et de gadgets importés d’Asie transitent désormais par China Mall ou ses réseaux affiliés. Les containers débarquent directement du port sous escorte administrative, sans droits de douane ni TVA, grâce à des exonérations présidentielles spéciales.

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À Madina, les importateurs doivent payer jusqu’à 48 % de taxes cumulées (douane, transit, stockage, transport, etc.), pendant que China Mall contourne entièrement ces charges. Autrement dit, le marché intérieur est piégé : le coût d’un produit de 100 000 GNF à Madina peut être affiché à 55 000 GNF à China Mall.

Le danger sur le commerce intérieur et l’emploi

Ce déséquilibre n’est pas seulement économique, il est socialement explosif. Des milliers de détaillants et grossistes de Madina, frappés par la chute de leurs ventes, envisagent déjà de licencier ou de fermer boutique.

Si la tendance se maintient, plus de 35 000 emplois directs et indirects risquent de disparaître dans les six prochains mois. À cela s’ajoute la destruction progressive de l’écosystème du commerce intérieur chauffeurs, manutentionnaires, revendeurs, couturières et artisans qui vivent du flux commercial national.
En favorisant un monopole étranger sous couvert de “modernisation”, le régime crée un désert économique là où il y avait un marché vivant.

C’est un suicide économique planifié, où la dépendance prend la place de la production, et où le mot “investissement” cache la mort lente du commerce guinéen.

Par Siba Beavogui 

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