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Affaire Axis Mineral : Bouna Sylla visé par la justice américaine

Conakry – New York. L’affaire qui secoue les couloirs du ministère guinéen des Mines vient de franchir les frontières. Le 19 août 2025, la société Axis Mineral Resources SA, filiale d’Axis International Limited, a saisi la cour fédérale de New York (SDNY) pour contraindre l’État guinéen à arbitrer un litige minier explosif. Au cœur de la tempête : le ministre des Mines, Bouna Sylla, accusé d’avoir favorisé une société chinoise au détriment d’un opérateur guinéen.

Un permis disputé

En mai 2025, le gouvernement de transition a révoqué pas moins de 129 permis d’exploration, dont celui d’Axis. Quelques semaines plus tard, le ministre Bouna Sylla signait un mémorandum d’entente (MoU) en faveur de SD Mining, société chinoise, pour exploiter le périmètre retiré à Axis. Or, une société guinéenne (AGB2A-GIC) proposait une offre financière nettement plus avantageuse : 150 millions USD cash, 100 millions sous six mois, et 50 millions par an de redevance. En comparaison, l’offre de SD Mining plafonnait autour de 250 à 300 millions USD sur cinq ans.

Face au tollé, le MoU a été annulé le 1er août 2025. Mais pour Axis, le mal était fait : ses droits miniers avaient été bafoués.

La justice américaine entre en scène

Devant le tribunal fédéral de Manhattan, Axis demande que la Guinée soit contrainte à participer à un arbitrage international ad hoc siégeant à New York, sur la base du Code minier guinéen et de la Convention de New York (1958). La société réclame aussi la nomination d’un arbitre par la cour américaine si Conakry refuse de coopérer.

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L’affaire pourrait coûter très cher à l’État guinéen. Selon les estimations, les dommages potentiels dépasseraient 500 millions USD, et pourraient atteindre plusieurs milliards si la perte de chance d’exploitation était retenue.

Bouna Sylla sous pression

En Guinée, les critiques se multiplient contre la gestion de Bouna Sylla. Ses décisions sont jugées « incohérentes et opaques », alimentant les soupçons de favoritisme. Des observateurs évoquent même un risque de corruption, notamment si les frais et cautions exigés par la loi n’ont pas été payés directement par Axis mais par un tiers.

Un signal pour les investisseurs

Au-delà du cas Axis, l’affaire jette une lumière crue sur la gouvernance minière guinéenne. Dans un pays où la bauxite et le fer représentent l’essentiel des recettes d’exportation, la perspective d’un arbitrage international à New York inquiète déjà investisseurs et partenaires.

Pour Bouna Sylla, le compte à rebours judiciaire est lancé : la Guinée doit répondre à la convocation du SDNY, faute de quoi le tribunal pourrait imposer un arbitrage par défaut.

Par Siba Beavogui pour guineefutur.info 

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