Il y a des moments où l’Afrique se regarde dans un miroir brisé.
Et ce que l’on y voit n’est ni l’excellence, ni le mérite, mais la consécration de l’imposture. C’est ce que révèle, avec une ironie presque cruelle, la nomination de Lamine Guirassy, patron du groupe Hadafo Médias, dans le Top 20 Afrique – Personnalité Leader et Groupe Médias innovant lors des Panafrican Corporates Awards 2025.
C’est “le Trophée de la Honte” qui devient un modèle.
Oui, un trophée remis à un homme qui a fait de la presse non pas un rempart démocratique, mais un outil de propagande au service des puissants.
Car Guirassy n’est pas né journaliste. Il a glissé dans ce métier comme on tombe dans une faille : marabout à ses heures, DJ de platine dans ses nuits, technicien parachuté dans un pays qu’il ne comprenait pas encore, il s’est autoproclamé “homme de médias”, et a fini par construire un empire… de manipulation.
Un “journalisme prostitué” : Lamine Guirassy, icône d’une presse à vendre.
Loin de défendre la vérité, il l’a vendue au plus offrant. Hadafo Médias est devenu le temple du compromis, du confort et du clientélisme éditorial. Sa plus grande prouesse ? Un contrat de 60 milliards de francs guinéens pour maquiller un régime militaire, effacer les crimes d’un putschiste, et peindre la dictature aux couleurs du progrès.
“60 milliards pour mentir” : Lamine Guirassy, complice décoré d’une dictature.
Ce pacte, c’est l’acte de décès d’une presse libre. Et celui qui en fut l’architecte ne mérite ni trophée, ni éloge. Il mérite d’être cité dans les archives de la trahison collective, aux côtés de ceux qui ont préféré le confort au courage.
“Leader de la déchéance”, il est le visage d’une servilité médiatique qui se couronne elle-même.

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Ce prix ne vient donc pas récompenser un journaliste, mais un opérateur de régime, un courtisan masqué en entrepreneur.
En réalité, c’est un “micro d’or pour le mercenaire de la junte”, un cachet doré pour services rendus à l’autocratie.
Hadafo Médias ? Une table de mixage devenue lit du pouvoir.
Et que cette remise de prix ait lieu à Cotonou, berceau d’intellectuels et de résistants, ajoute à la mascarade.
Cotonou consacre la corruption. Guirassy y triomphe en “champion du mensonge”.
Derrière les projecteurs, c’est le “prix du mensonge 2025” qui est attribué à ce manipulateur tranquille. Un manipulateur qui, à défaut d’avoir servi le peuple, a su servir les intérêts de ceux qui l’oppressent.
“Top 20 de l’imposture” : l’Afrique célèbre aujourd’hui certains de ses fossoyeurs.
Mais la vérité ne meurt jamais tout à fait. Et même noyée sous les milliards, elle finit toujours par refaire surface. Derrière le prix, il y a la trahison. Derrière le costume du leader, il y a le saboteur. Une distinction pour un déguisement. Un journaliste qui s’est plu à devenir bourreau.
La presse est le dernier rempart des peuples.
Ceux qui l’utilisent pour servir les armes, trahir les consciences et écraser la vérité ne méritent pas de médailles. Ils méritent d’être confrontés à la mémoire de ceux qu’ils ont trahis.
Un jour viendra où l’histoire distinguera les décorés de l’heure…des dignes de toujours
Siba Béavogui