« 1, 2, 3… C’est Dieu qui a donné le pouvoir à Doumbouya. » Voilà désormais la rengaine inquiétante martelée dans certaines mosquées de Guinée, comme un slogan politique déguisé en prière. Des voix religieuses, jadis respectées, deviennent les instruments dociles d’un pouvoir illégitime. On n’invoque plus Dieu pour apaiser, mais pour justifier la dictature.
Depuis quand Dieu planifie-t-il des crimes commis au nom du mensonge et de la terreur ?
Depuis quand la volonté divine cautionne-t-elle la violence d’un pouvoir qui a pris les armes contre son propre peuple ? Si Dieu a béni Moïse, ce n’était pas pour qu’il trahisse les siens. Ce n’était pas pour qu’il installe l’injustice comme méthode de gouvernement.
Aujourd’hui en Guinée, on tente de blanchir le sang avec des versets.
Mais la foi véritable ne se prête pas aux coups d’État. Elle ne légitime pas les arrestations arbitraires, les détentions sans jugement, les assassinats déguisés. Dieu ne donne pas l’ordre de tirer sur des enfants qui manifestent.
Ce n’est pas Dieu qui fait disparaître des pères de famille. Ce sont les hommes.

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Ce sont Mamadi Doumbouya et ses complices, et eux seuls, qui devront répondre de ces actes.
Dieu n’a jamais béni la trahison, la confiscation du pouvoir, le mépris de la parole donnée.
Utiliser le nom de Dieu pour justifier l’injustice, c’est faire de la religion une arme. Et ceux qui, par opportunisme, se prêtent à ce jeu, ne sont pas des guides spirituels : ce sont des marchands du sacré.
La justice divine n’a pas de prix. Et si vous continuez à accuser Dieu pour épargner les vrais responsables, alors le karma vous retrouvera. Dans le silence de votre conscience. Dans la mémoire des peuples. Dans le jugement de l’Histoire.
Il est encore temps de choisir la vérité.
De ne pas faire de Dieu un complice du mensonge. Car la foi qui justifie le crime n’est plus une foi. C’est une profanation.
Par Siba Beavogui – Journaliste et défenseur de la liberté en Guinée